Dans une décision qui fera date au palais de la Rénovation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a acté, ce vendredi 13 mars 2026, la fin d’une exception française au sommet de l’appareil sécuritaire gabonais. Après treize années passées à la tête du système stratégique d’interception des communications de la présidence, l’expert français Jean-Charles Solon cède sa place. Cette structure ultra-sensible, longtemps restée sous influence technique étrangère, bascule désormais sous pavillon national.
Une mutation profonde révélée par Africa Intelligence, qui souligne la volonté de Libreville de reprendre en main les leviers de sa sécurité numérique et de ses écoutes électroniques.Pour diriger cette infrastructure critique, le choix du chef de l’État s’est porté sur une figure d’expérience : le général Bernard Gnamankala. Officier supérieur issu des rangs de la police et fin connaisseur des arcanes du renseignement, ce dernier quitte la Direction générale de la documentation et de l’immigration (DGDI) pour relever ce défi technologique. Formé à la prestigieuse FBI National Academy aux États-Unis ainsi qu’auprès de la DGSI en France, le général Gnamankala dispose d’un profil hybride, alliant expertise de terrain et maîtrise des réseaux internationaux.
Fils de l’illustre Laurent Nguetsara, il incarne une continuité historique tout en devenant le premier Gabonais à piloter ce dispositif de pointe.L’éviction de Jean-Charles Solon, ancien de la DGSE française, ne doit pas être lue comme une rupture diplomatique avec Paris, mais plutôt comme un réajustement souverain. Pendant plus d’une décennie, cette configuration avait alimenté les soupçons d’une observation privilégiée de la France sur les flux numériques d’Afrique centrale. En nommant un proche des cercles de renseignement occidentaux, Brice Clotaire Oligui Nguema joue la carte de la subtilité : il nationalise l’outil tout en maintenant des canaux de coopération ouverts. Cette démarche s’inscrit dans une politique de diversification des partenariats, illustrée par ses récents échanges avec les Émirats arabes unis et la France, visant à faire du Gabon un acteur autonome de sa propre sécurité.


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