Le lundi 23 mars 2026, les couloirs de la Direction Générale de la Comptabilité Publique et du Trésor ont résonné d’un serment qui engage l’avenir des finances du pays. Sous le regard acéré d’Alex Moutsiangou, Premier Président de la Cour des Comptes, et en présence du ministre de l’Économie, Thierry Minko, 19 nouveaux comptables publics ont officiellement rejoint les rangs des « gardiens du temple » budgétaire. Dans une période où le Gabon de la Ve République fait de la transparence une ligne de crête, cette cérémonie d’assermentation n’est pas qu’un simple rite de passage : c’est l’installation d’une nouvelle ligne de défense contre les dérives de gestion.
Le comptable public au Gabon occupe une position singulière, presque sacrée. Contrairement à l’ordonnateur qui décide de la dépense, le comptable en est le payeur et, surtout, le premier censeur. En levant la main droite, ces 19 récipiendaires ont accepté une responsabilité personnelle et pécuniaire sur chaque franc CFA qui transitera par leurs caisses. Dans le logiciel de la Ve République, cette rigueur est le socle sur lequel repose la crédibilité de l’État face aux bailleurs de fonds et aux citoyens. C’est le passage d’une administration de « flux » à une administration de « probité ».La présence de François Ndong Obiang, Ministre de la Réforme, souligne la dimension institutionnelle de l’événement. Le directeur général, Luther Steeven Abouna Yangui, voit ainsi ses effectifs renforcés par une promotion formée aux nouvelles exigences de la comptabilité publique moderne. À l’heure où le pays lutte contre la vie chère et restructure sa dette, la fiabilité de la chaîne de la dépense est un impératif de sécurité nationale. Un comptable qui prête serment, c’est un verrou de plus contre l’opacité et un pas de plus vers la « félicité » économique promise.L’enjeu pour ces nouveaux assermentés sera de résister aux pressions et de maintenir le cap de la loi dans un environnement en pleine mutation.
La République ne leur demande pas seulement de compter, mais de protéger. En rejoignant la famille des agents du Trésor, ils deviennent les visages d’un Gabon qui entend rassurer les marchés et son peuple par la force du droit et la clarté des chiffres.Alors que la cérémonie s’achevait, le message délivré par les autorités était limpide : la noblesse de la fonction n’a d’égale que l’exigence de sa probité. Pour ces 19 visages de la rigueur budgétaire, le travail commence maintenant. Sous le ciel de Libreville, la République a désormais 19 raisons supplémentaires de croire en la santé de ses finances.


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