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En silence et de façon méthodique, le Sosup vient littéralement de se voir réduire en une entité de simple figurante et observatrice du Système éducatif. Après s’ être vu retirée l’une de ses principales missions qui est l’orientation scolaire, l’institution vient de voir son secrétaire général promenant être suspendu à titre conservatoire. Une décision qui interroge beaucoup d’observateurs après le récent travail effectué par les équipes du Sosup qui a permis de démanteler un système véritablement accroché à des pratiques qui mettent en mal le secteur éducation. Le tout, selon plusieurs sources, depuis la mise en place de sa première administration en 2024, le SOSUP travaillerait sans budget donc sans salaire pour le personnel nonobstant les agents fonctionnaires.
Le choc des textes : Décret vs Arrêté
Sur le plan juridique, un décret présidentiel (qui régit le Sosup) a une autorité supérieure à un arrêté ministériel (qui renforce ici la DGEC). Pourtant, dans la pratique administrative, l’arrêté peut « court-circuiter » le décret s’il définit des modalités d’exécution qui vident les missions de la première entité de leur substance.En confiant la gestion directe des flux, des examens et de la cartographie scolaire à la Direction Générale des Enseignements et du Conseil (DGEC), le ministère de l’Éducation Nationale semble vouloir reprendre la main sur l’opérationnel, laissant au Secrétariat d’Orientation Scolaire, Universitaire et Professionnelle (Sosup) le rôle ingrat de « notaire » du système.
Le Sosup : de l’action à l’observation ?
Le risque de « figurations » est réel pour plusieurs raisons : – Perte de la mainmise sur l’orientation : Si la DGEC centralise les décisions d’affectation via de nouvelles plateformes ou commissions, le Sosup perd sa raison d’être originelle.
– Réduction budgétaire et d’influence : Dans l’administration gabonaise, l’influence suit souvent le pouvoir de décision. Moins le Sosup décide, moins il est consulté par les partenaires et les établissements.
– Doublon institutionnel : Le fonctionnement actuel crée une confusion chez les usagers (élèves et parents) qui ne savent plus quelle entité détient le dernier mot sur l’orientation.Cette centralisation vers la DGEC pourrait répondre à un besoin d’efficacité immédiate, mais elle fragilise la spécialisation du Sosup.
– Point positif possible : Une meilleure coordination si la DGEC parvient à harmoniser les données.
-Point négatif probable : Une bureaucratie alourdie et un sentiment de mise au placard pour les experts de l’orientation qui travaillent sous l’égide du décret présidentiel. Si le Sosup conserve son existence légale grâce au décret, il subit une « érosion fonctionnelle ». Sans une clarification rapide au sommet de l’État pour harmoniser ces textes, il risque effectivement de n’être plus qu’un observatoire passif plutôt qu’un acteur décisionnel.


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