Alors que le ministère des Sports a acté la dissolution de l’équipe nationale et de son encadrement technique, l’instance faîtière du football gabonais brille par son mutisme. Entre accusations de diversion médiatique et refus d’assumer un bilan décrié, Pierre-Alain Mounguengui est au pied du mur.C’est un navire qui prend l’eau, mais dont le capitaine refuse de quitter la barre, ou même de reconnaître l’avarie.
Quelques jours après la décision radicale du ministère des Sports de dissoudre les Panthères du Gabon et de limoger l’intégralité du staff technique, la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) s’est murée dans un silence qui confine à la paralysie.À Libreville, l’opinion publique s’interroge : pourquoi, alors que la tutelle a explicitement invité l’instance à « prendre ses responsabilités », aucune annonce officielle n’est encore venue de la Maison de verre d’Owendo ?
La stratégie de l’esquive:
Selon des sources concordantes proches du dossier, ce calme plat ne serait qu’une façade. En coulisses, l’heure serait plutôt à la contre-attaque souterraine. Plusieurs observateurs avertis de la scène sportive gabonaise soupçonnent la Fegafoot de vouloir orchestrer une « diversion médiatique » d’envergure.L’objectif ? Déplacer le curseur de la responsabilité. Des informations font état de manœuvres visant à mobiliser certains relais d’opinion — de véritables « mercenaires de la plume » — pour lancer, dans les prochaines heures, une cabale contre des personnalités ciblées, possiblement au sein du ministère ou de l’entourage direct du pouvoir. Une méthode éprouvée pour noyer le poisson alors que le bilan de l’instance est plus que jamais sur la sellette.
Onze ans de « gestion chaotique »:
Il faut dire que l’enjeu est de taille pour Pierre-Alain Mounguengui, indéboulonnable président de la Fédération. Ce séisme intervient après onze années d’une gestion régulièrement qualifiée de « chaotique » par ses détracteurs. Entre éliminations précoces, crises de primes à répétition et absence de structuration du football local, le passif est lourd.« La Fegafoot joue sa survie. Admettre l’échec des Panthères, c’est admettre l’échec de toute une politique fédérale menée depuis une décennie », confie un ancien international sous couvert d’anonymat.
L’heure des comptes:
En invitant la Fegafoot à prendre ses responsabilités, le ministère des Sports a lancé un ultimatum qui ne dit pas son nom. La dissolution de l’équipe nationale n’est pas qu’une sanction sportive, c’est un désaveu politique majeur.La question reste entière : la Fédération osera-t-elle enfin affronter la réalité de son propre bilan, ou s’enfermera-t-elle dans une guerre de communication pour sauver des privilèges de plus en plus contestés ? Au Gabon, le football est bien plus qu’un sport, c’est une affaire d’État. Et dans ce match-là, le temps additionnel semble avoir déjà expiré pour les dirigeants d’Owendo.


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