Après 72 heures de silence opérationnel pour cause d’inventaire bisannuel, le Samu Social Gabonais a repris son service ce 28 février à 19h, marquant le retour de ses unités mobiles et de ses antennes de soins. Cette pause technique, devenue un rendez-vous institutionnel incontournable, a permis aux équipes du Dr Wenceslas Yaba de calibrer leurs stocks pour garantir la continuité d’un modèle unique sur le continent.
Dans un contexte social tendu, la structure réaffirme sa doctrine du « faire avec le peu », prônant une gestion agile des ressources pour maintenir une présence au chevet des plus démunis, tant à domicile que dans les centres de santé de proximité.Au-delà de la logistique, c’est un véritable plaidoyer pour la survie des populations précaires que porte l’organisation. Avec un arsenal médical complet — allant de la radiologie aux soins dentaires en passant par la fourniture gratuite de lunettes — le Samu Social entend demeurer le dernier rempart contre l’exclusion thérapeutique. Si la distribution systématique de médicaments subit parfois les aléas des approvisionnements, l’objectif affiché reste de rendre les ordonnances « inexistantes » pour le patient.
Pour les responsables de la structure, la santé ne saurait être une marchandise, surtout dans un pays où la précarité frappe encore une frange importante de la population.Les chiffres avancés sont d’ailleurs sans appel : citant la Banque Mondiale, le Samu Social rappelle que près de 34,5% des Gabonais vivent sous le seuil de pauvreté. Dans cette configuration démographique, la gratuité totale n’est plus une option politique mais une nécessité vitale. En se positionnant comme le poumon sanitaire de plus de 800 000 citoyens, l’organisation souligne l’urgence de pérenniser ces filets de sécurité sociale. Pour Libreville, le défi reste de taille : transformer ces initiatives d’urgence en un système de santé structurellement accessible, capable de garantir le droit à la vie sans conditions de revenus.


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