Plus de vingt-quatre heures après l’annonce choc de la suspension de ses activités, le Samu Social Gabonais semble être entré dans une phase de transformation accélérée. Loin de l’image d’une structure à l’arrêt, les équipes du Dr Wenceslas Yaba s’activent dans ce que l’institution qualifie d’« inventaire rigoureux ». Ce n’est pas seulement une question de stocks : c’est une véritable opération de remise à niveau sanitaire qui touche aussi bien les locaux que le parc d’ambulances et les espaces verts.

Cette cure d’hygiène, présentée comme un impératif de bien-être pour les patients, souligne la volonté du Samu de ne faire aucune concession sur les standards de qualité, même sous la pression d’une demande sociale explosive.Pour les habitués du 1488, ce silence opérationnel temporaire est une épreuve de patience, mais pour l’organisation, c’est une nécessité stratégique. En profitant de ce répit pour récurer ses infrastructures et affiner ses comptes, le Samu Social prépare une reprise qu’il promet « très prochaine ». Cette communication, ponctuée de l’habituel « Gloire à Dieu », vise à rassurer une opinion publique librevilloise prompte à l’inquiétude : l’institution ne ferme pas boutique, elle se réinvente pour tenir le choc face aux 2 500 consultations quotidiennes qui l’attendent dès la réouverture des grilles.

Cependant, derrière le ballet des balais et des inventaires, l’enjeu reste le maintien d’un modèle de gratuité totale dans un environnement économique complexe. Si le Samu se hâte de retrouver ses patients, ce passage à vide volontaire ressemble aussi à un signal envoyé aux partenaires techniques et financiers : pour soigner dignement, il faut des outils impeccables et une visibilité claire sur les ressources. La question reste désormais de savoir si cette pause permettra d’obtenir les garanties nécessaires pour éviter, à l’avenir, d’autres interruptions de ce service devenu vital pour la stabilité sociale du pays.


Commentaires