C’est un signal fort envoyé à la « génération montante » par le palais de la Rénovation. Après plusieurs années de mise en sommeil, la Fête nationale de la jeunesse s’apprête à faire son grand retour dans l’agenda officiel gabonais. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’enjeu dépasse la simple célébration calendaire : il s’agit de reprendre langue avec une composante démographique majeure, moteur des attentes sociales et économiques du pays. En ressuscitant cet événement, l’exécutif entend insuffler un nouvel élan de patriotisme et de cohésion, tout en offrant une plateforme d’expression à une jeunesse en quête de repères et d’opportunités au sein de la 5ème République.
Toutefois, ce retour en fanfare ne masque pas les zones d’ombre institutionnelles qui entourent encore la représentation des jeunes. Le Conseil National de la Jeunesse du Gabon (CNJG), censé être la clé de voûte de cette mobilisation, reste en effet englué dans un statut associatif qui limite son champ d’action et sa légitimité réglementaire. Malgré ces fragilités juridiques, les autorités ont choisi de passer outre les lourdeurs administratives pour privilégier l’impact politique immédiat. Pour les observateurs à Libreville, ce choix du pragmatisme témoigne d’une volonté de ne plus laisser la jeunesse sur le quai, quitte à naviguer à vue sur le plan de la structuration associative.Au-delà des festivités, ce rendez-vous sera un véritable test pour le gouvernement.
Il ne s’agira pas seulement de défiler ou de célébrer, mais de transformer cette liesse en engagements concrets sur les dossiers brûlants de l’emploi, de la formation et de l’entrepreneuriat. En remettant la jeunesse au centre du village national, le pouvoir gabonais prend le pari de la réconciliation générationnelle. Reste à savoir si cette Fête nationale saura s’imposer comme le point de départ d’une véritable politique structurelle, ou si elle demeurera une parenthèse enchantée dans un quotidien marqué par d’importants défis d’insertion.


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