Malgré des débats houleux à l’école publique Martine Oulabou, l’aile pragmatique du collectif SOS Éducation a eu gain de cause. En votant la reprise des cours, une partie des enseignants choisit de transformer l’essai des négociations en actes concrets, privilégiant l’intérêt supérieur des élèves.L’assemblée générale de ce mercredi n’était pas une simple formalité. Elle a marqué un tournant : celui du passage de la contestation à la phase de test des engagements gouvernementaux.
Les délégués ayant pris part aux pourparlers avec Libreville ont réussi à convaincre une partie de la base que les avancées obtenues — notamment sur les revendications salariales et le traitement des dossiers administratifs — constituaient une base solide pour lever le piquet de grève.Pour ces partisans de la reprise, prolonger la paralysie aurait été contre-productif. Dans un contexte où le gouvernement multiplie les signaux d’apaisement (paiement des vacations, régularisations massives), maintenir les écoles fermées risquait d’isoler le mouvement vis-à-vis d’une opinion publique inquiète pour l’avenir de la jeunesse.
Donner une chance au dialogue:
La décision de reprendre le chemin des classes est perçue comme un acte de « bonne foi ». En votant pour la fin du débrayage, les enseignants ne signent pas un chèque en blanc, mais instaurent une trêve de vigilance. L’idée est claire : donner une chance au calendrier de traitement des dossiers administratifs promis par l’exécutif, tout en gardant la possibilité de se mobiliser à nouveau si les lignes ne bougent pas.Ce vote reflète également une prise de conscience des enjeux pédagogiques : -Sauvetage du calendrier scolaire : Chaque jour gagné permet de rattraper le retard accumulé et d’éviter le spectre d’une année blanche. – Apaisement social : Un retour à la normale dans les établissements est la condition sine qua non pour que les négociations se poursuivent dans un climat serein, loin de la pression de la rue.
Un test pour l’exécutif:
Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement. En acceptant de reprendre les cours, les enseignants de SOS Éducation placent les autorités face à leurs responsabilités. Le respect scrupuleux des échéances promises pour les rappels de salaires et les situations administratives sera le baromètre de cette nouvelle confiance.Si la fracture au sein du collectif reste visible, le choix de la reprise majoritairement adopté envoie un message de maturité : celui d’un corps enseignant capable de privilégier le dialogue constructif pour ne pas pénaliser davantage les apprenants gabonais.


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