Le palais de la Rénovation a pris des airs de bilan diplomatique ce mois de février 2026. Après trois années et demie à la tête du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (Unoca), le Nigérian Abdou Abarry a fait ses adieux à Libreville. Reçu en audience par le général-président Brice Clotaire Oligui Nguema, le diplomate onusien boucle un mandat entamé sous l’ère Bongo Odimba en août 2022 pour s’achever au cœur de l’édification de la Cinquième République. Entre les deux hommes, l’échange a été marqué par une cordialité qui témoigne de l’étroite collaboration entre l’organisation internationale et les nouvelles autorités gabonaises ces derniers mois.
Durant sa mission, ce fin connaisseur des arcanes sahéliennes et centrales aura dû naviguer par gros temps, transformant une présence onusienne parfois perçue comme formelle en un véritable levier d’accompagnement institutionnel. De la période préélectorale de 2023 aux réformes structurelles de 2025, Abdou Abarry s’est mué en un facilitateur discret mais efficace du dialogue politique. Son départ marque la fin d’une séquence où l’ONU a troqué sa posture d’observateur pour celle de partenaire stratégique, saluant au passage la « maturité » d’un peuple gabonais engagé dans la refondation de son contrat social.
L’image de la remise d’un présent symbolique par le chef de l’État scelle ainsi un chapitre de coopération jugé exemplaire par les deux parties. Pour Libreville, ce départ n’est pas un saut dans l’inconnu mais la validation d’un cap diplomatique désormais stabilisé, fondé sur le respect mutuel et la consolidation des institutions républicaines. Alors que le Gabon amorce une nouvelle phase de son développement national, l’héritage d’Abarry servira de boussole à son successeur pour maintenir l’équilibre fragile mais nécessaire entre souveraineté nationale et exigences de la communauté internationale.


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