L’émotion était palpable ce mercredi 28 janvier dans l’amphithéâtre de l’École Normale Supérieure de l’Enseignement Technique (ENSET) de Libreville. Pour 1 810 enseignants bénévoles, l’attente, souvent rythmée par l’incertitude et la précarité, a pris fin sous les applaudissements nourris de leurs pairs. Lors d’une cérémonie chargée de symboles, ces « soldats de l’ombre » de l’éducation nationale ont officiellement reçu leurs parchemins, marquant leur intégration définitive dans les effectifs de la fonction publique gabonaise. Un dénouement qui vient clore un chapitre de revendications sociales et ouvrir celui de la stabilité professionnelle pour ces agents désormais au service de l’État.
Présidée par la Ministre d’État, Ministre de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, cette remise de documents administratifs est bien plus qu’une simple formalité. Elle représente l’aboutissement d’un processus de régularisation massif, visant à résorber le déficit structurel d’enseignants tout en valorisant l’expérience acquise sur le terrain par ces bénévoles. Pour le gouvernement, cette initiative répond à une urgence pédagogique : stabiliser le corps enseignant dans les zones reculées où ces bénévoles constituaient souvent le seul rempart contre la désertion scolaire. En transformant ces contrats précaires en carrières pérennes, Libreville parie sur un choc de motivation pour relever le niveau de l’école publique.Au-delà de l’aspect humain, cette intégration massive s’inscrit dans une stratégie politique de redistribution et de reconnaissance du mérite. La ministre Camélia Ntoutoume Leclercq a tenu à souligner l’engagement de ces nouveaux fonctionnaires qui, durant des années, ont exercé sans filet de sécurité. Ce geste fort de l’exécutif vise également à apaiser le front social dans un secteur éducatif historiquement volatil.
En intégrant ces 1 810 recrues, l’État gabonais envoie un signal de fermeté quant à sa volonté de restaurer l’autorité et la dignité de la fonction enseignante, tout en musclant les capacités d’encadrement des établissements secondaires et techniques du pays.Cependant, le défi ne s’arrête pas à la remise des parchemins. La réussite de cette intégration dépendra désormais de la capacité du ministère à assurer le suivi de carrière et le déploiement effectif de ces nouveaux agents sur l’ensemble du territoire. Alors que le Gabon cherche à moderniser son système éducatif pour l’adapter aux besoins du marché de l’emploi, cette « promotion de la reconnaissance » est attendue au tournant de la performance. Pour ces nouveaux fonctionnaires, le frisson de la cérémonie laisse place au devoir de résultat, avec l’ambition affichée de transformer cette reconnaissance étatique en un levier d’excellence pour la jeunesse gabonaise.


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