C’est un véritable coup de pied dans la fourmilière que vient de donner Camélia Ntoutoume-Leclercq. La ministre d’État a annoncé le départ à la retraite de 2 006 agents publics d’ici à la fin de l’année 2026, une manÅ“uvre budgétaire et administrative destinée à débloquer l’épineux dossier des enseignants en « pré-salaire ». En libérant ces postes, Libreville espère enfin régulariser une situation qui empoisonne le climat social depuis des années. « Dès janvier 2027, cette situation ne sera qu’un souvenir », a martelé la ministre, affichant une détermination qui tranche avec l’immobilisme passé, tout en s’attaquant au dossier brûlant des « agents fantômes ».
Près de 300 fonctionnaires, dont certains installés à l’étranger, continuent de percevoir indûment leurs émoluments, une anomalie révélée par un récent audit des effectifs que la ministre promet de sanctionner avec la plus grande rigueur.Parallèlement à cet assainissement des listes d’émargement, le gouvernement tente de répondre à la grogne sur la vétusté des infrastructures. Pas moins de 58 chantiers, répartis sur l’ensemble du territoire national, sont actuellement en cours pour la construction de salles de classe et de logements d’astreinte. Cette offensive sur le bâti scolaire vise à améliorer les conditions de vie des enseignants, souvent précaires en zone rurale, tout en augmentant les capacités d’accueil des établissements. Pour Camélia Ntoutoume-Leclercq, l’enjeu est de transformer l’école gabonaise en un environnement de travail digne, condition sine qua non pour apaiser un corps enseignant historiquement prompt à la mobilisation.
Sur les 900 professeurs en formation, la ministre a précisé que 856 sont arrivés au bout du cursus, tandis que les profils jugés inadaptés pour le secondaire font l’objet d’un redéploiement stratégique. Une centaine d’agents ont ainsi été renvoyés vers l’Institut des métiers de l’Éducation pour un complément de formation, alors que les bacheliers scientifiques sont réorientés vers les ENI pour renforcer le cycle primaire. Ce « recyclage » des compétences témoigne d’une volonté d’optimiser chaque profil pour combler les déficits criants dans les matières fondamentales, un pari sur le capital humain qui reste le socle de la réforme éducative en cours.


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