Libreville confirme son statut de valeur refuge pour les investisseurs d’Afrique centrale. Lors de sa dernière sortie sur le marché monétaire des titres publics de la CEMAC, le Trésor gabonais a suscité un engouement exceptionnel, recueillant une demande globale de 276,285 milliards de FCFA. Face à cette sursouscription massive, les autorités financières ont fait preuve d’une sélectivité rigoureuse en ne retenant que 210,619 milliards de FCFA. Ce tri stratégique, qui a conduit à écarter plus de 65 milliards de FCFA d’offres jugées trop coûteuses ou inadaptées, illustre la volonté de l’exécutif, sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, de maîtriser le coût de l’endettement tout en sanctuarisant l’équilibre des finances publiques.
Le clou de cette opération réside dans la performance historique d’une émission d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA). Pour la première fois, le Gabon a réussi à mobiliser 100 milliards de FCFA sur une maturité de cinq ans, au taux de 5,75 %, et surtout sans aucune décote. Dans un contexte régional où les investisseurs exigent habituellement des décotes significatives pour compenser les risques de maturité longue, ce succès « au pair » est un signal fort envoyé aux places financières : la signature du Gabon inspire une confiance renouvelée. La participation active de mastodontes bancaires tels qu’Afriland First Bank, Ecobank, UBA ou encore le groupe Attijariwafa Bank, confirme que le secteur privé régional valide la solidité du cadre macroéconomique gabonais.Cette lune de miel avec les marchés s’appuie sur des fondamentaux en nette amélioration, salués par les récentes missions du FMI. En mettant fin au nantissement des cargaisons pétrolières et en limitant le recours aux onéreux Eurobonds internationaux, Libreville a restauré sa crédibilité souveraine.
Les fonds levés, destinés à financer des projets structurants majeurs tels que la Cité de la Démocratie, le programme de modernisation administrative Émeraude ou l’aménagement de la Baie des Rois, s’inscrivent dans une vision de transformation durable. En consolidant ses réserves de change et en rapatriant des avoirs extérieurs, le Gabon s’impose désormais comme l’émetteur de référence de la zone CEMAC, capable de transformer sa discipline budgétaire en levier de développement.


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