Après l’élimination prématurée et humiliante des Panthères lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en cours au Maroc, le Palais du Bord de Mer semble avoir perdu patience. Derrière les formules diplomatiques d’usage, le communiqué gouvernemental sonne comme un arrêt de mort sportive pour le président de la Fédération Gabonaise de Football.​Une débâcle de trop:​Au Gabon, le football est plus qu’un sport ; c’est une affaire d’État. Et lorsque les résultats ne suivent plus, le politique reprend ses droits.
La dernière sortie du gouvernement, invitant la Fegafoot à « prendre toutes ses responsabilités », ne laisse que peu de place à l’interprétation. Dans le jargon feutré de Libreville, c’est une invitation claire à plier bagage.​Pour Alain Mounguengui, en poste depuis plus de dix ans, l’étau se resserre. Le crédit dont il jouissait auprès des autorités semble s’être évaporé dans l’air moite des stades où les Panthères n’ont fait que de la figuration.Un bilan sous le signe du « chaos »:​Dix ans. Une décennie à la tête du football national pour un bilan que de nombreux observateurs jugent famélique.​Zéro trophée : Aucune ligne supplémentaire au palmarès national. Aucun résultat mémorable en CAN ou au CHAN.​Infrastructures fantômes : Les promesses de modernisation, à l’instar de la célèbre « boutique fédérale » dont on attend toujours la pose de la première pierre, sont devenues des sujets de raillerie dans les maquis de la capitale.​Gestion opaque : Entre amateurisme logistique et querelles de vestiaires mal gérées, la méthode Mounguengui est aujourd’hui pointée du doigt comme le frein principal à l’éclosion du talent gabonais.Mais au-delà du terrain, c’est l’éthique qui achève de fragiliser le patron du football gabonais. Le scandale de pédophilie qui a secoué les petites catégories reste une plaie ouverte.​
« Il est difficile de plaider l’ignorance quand les plaintes et les preuves s’accumulaient sur son bureau », confie une source proche du ministère des Sports.​Le laxisme reproché à la direction de la Fegafoot face à ces dérives morales a terni l’image du pays à l’international. Pour beaucoup, maintenir Alain Mounguengui à son poste équivaudrait à cautionner une impunité systémique.Si le gouvernement ne peut, selon les statuts de la FIFA, démettre directement un président de fédération sous peine de suspension, la pression politique et populaire est telle qu’un maintien semble intenable. Le « nettoyage » annoncé du sport roi au Gabon semble enfin avoir trouvé son point de départ.​Alain Mounguengui choisira-t-il la sortie honorable ou le bras de fer ? À Libreville, on murmure déjà que le temps des « leçons à tirer » est dépassé : l’heure est désormais à la reconstruction.


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