Le climat social au Gabon s’est brutalement crispé ces derniers jours avec le placement sous mandat de dépôt de deux figures historiques du syndicalisme enseignant, Marcel Libama et Simon Ndong Edzo. Interpellés les 19 et 20 janvier 2026 par la Direction Générale des Recherches (DGR), les deux leaders, bien que désormais à la retraite, sont accusés d’avoir attisé la grève qui paralyse le secteur éducatif depuis le début du mois. Pour les autorités, leur activisme au sein du mouvement « SOS Éducation » relève du trouble à l’ordre public et de l’entrave au travail ; pour leurs partisans, il s’agit d’une tentative de museler les voix critiques dans un contexte de négociations sociales au point mort.
Face à cette escalade judiciaire qui menace de radicaliser davantage la base enseignante, l’Honorable Député Alexandre Awassi a choisi de rompre le silence. Loin des joutes partisanes, l’élu a lancé un appel vibrant à l’apaisement, invoquant la « sagesse » plutôt que la force. Pour lui, l’emprisonnement de ces doyens de la lutte sociale ne constitue pas une solution durable à la crise scolaire. « Ce n’est pas une position politique, c’est ma raison qui me guide. C’est la sagesse qui le commande. Au nom de la vie et de la dignité, qu’ils soient libérés », a-t-il martelé, plaçant le débat sur le terrain de l’éthique et de la cohésion nationale.L’art du dialogue contre l’épreuve de forceLe député Awassi redéfinit la notion de puissance dans la gestion des crises publiques. Selon lui, le « plus fort » n’est pas celui qui use de l’appareil répressif, mais celui qui démontre sa capacité à maintenir les ponts malgré les désaccords. « Le plus fort, c’est celui qui sait faire asseoir tous les protagonistes autour d’une table, autant de fois que nécessaire », rappelle-t-il avec force.
Cette posture invite l’exécutif à reconsidérer sa stratégie face aux revendications des enseignants, alors que la menace d’une année blanche plane sur la jeunesse gabonaise et que d’autres secteurs, comme la santé, menacent de rejoindre le mouvement de grogne.En conclusion, Alexandre Awassi exhorte les deux parties à privilégier le dialogue comme unique issue possible. Sa conviction est sans équivoque : « Privilégions en toute circonstance le DIALOGUE, parce qu’il n’y a rien qui puisse nous empêcher de nous comprendre. Absolument rien. » Alors que la CONASYSED se dit désormais sur le « pied de guerre » après l’incarcération de ses pairs à la prison centrale de Libreville, cet appel à la raison pourrait bien être la dernière chance d’éviter un embrasement social généralisé. La balle est désormais dans le camp du gouvernement pour transformer ce bras de fer en une concertation républicaine sincère.Éducation nationale : Marcel Libama et Simon Edzo interpellés


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