Au palais du bord de mer, l’heure est à la prospective. Ce mardi 17 février, l’ouverture de la session ordinaire du Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) a réuni le ban et l’arrière-ban de l’exécutif librevillois. Autour du Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, et du Ministre François Ndong Obiang, les conseillers de la République ont entamé une session cruciale pour la stabilité sociale. Sous la houlette de son président, Louis Bertrand Mapangou, l’institution entend réaffirmer son rôle de « boussole » stratégique, capable de transformer les pulsations de la société civile en recommandations politiques concrètes pour le sommet de l’État.
Le premier dossier sur la table des conseillers reflète une inquiétude croissante au sein de l’opinion publique : la recrudescence des crimes de sang. Dans un pays où la cohésion nationale est le socle de la paix civile, cette poussée de violence « crapuleuse » appelle une réponse qui dépasse le cadre strictement policier. Pour le CESEC, il s’agit d’analyser les racines profondes de cette insécurité pour proposer des mécanismes de prévention et de veille territoriale, transformant ainsi une instance consultative en un véritable rempart contre la délitement du lien social.Plus audacieux, le second axe de cette session se tourne vers l’« or vert » du Gabon : l’Iboga. Longtemps cantonnée au domaine du sacré et des rites initiatiques du Bwiti, la plante psychotrope fait l’objet d’une ambition nouvelle. Libreville souhaite désormais structurer une véritable filière économique et scientifique autour de l’Ebôghè. En explorant ses vertus médicales — notamment dans le traitement des addictions — et son potentiel à l’exportation, le Gabon joue la carte de la souveraineté thérapeutique et du rayonnement culturel, espérant transformer ce patrimoine ancestral en un levier de croissance moderne et régulé.
Cette session ordinaire ne se contente donc pas de suivre l’ordre du jour administratif ; elle dessine les contours d’un Gabon qui cherche à concilier ses traditions les plus profondes avec les impératifs de la modernité. Entre la nécessité de rassurer les populations face à l’insécurité et l’opportunité de valoriser sa biodiversité unique, le CESEC s’impose comme le laboratoire d’un nouveau contrat social. Reste à savoir si les avis qui sortiront de ces échanges trouveront une traduction législative rapide, à l’heure où l’exécutif multiplie les chantiers de réforme pour muscler le développement national.


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