Fidèle à sa mission de veille et de conseil, le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel (CESEC) a ouvert ses portes au collectif des enseignants gabonais non intégrés. Reçus en audience par le président de l’institution, Guy Bertrand Mapangou, ces professionnels de la craie sont venus exposer une réalité amère : celle d’une centaine de pédagogues exerçant sur l’ensemble du territoire sans poste budgétaire, ni reconnaissance administrative officielle, et ce malgré des années de service dévoué.Pour ces enseignants « fantômes » de l’administration, l’enjeu est vital.
En l’absence d’intégration, ils se retrouvent privés de protection sociale, de perspectives de carrière et, souvent, d’une rémunération régulière. Cette précarité, qui fragilise le système éducatif dans ses zones les plus reculées, place le CESEC devant sa responsabilité de régulateur social. En sollicitant l’arbitrage de Guy Bertrand Mapangou, le collectif espère transformer un plaidoyer de longue date en une décision administrative ferme.L’audience s’est déroulée dans un contexte politique particulier. Elle intervient au lendemain du discours historique de Brice Clotaire Oligui Nguema, prononcé lors de la Journée Nationale de l’Enseignant, où le Chef de l’État a acté l’intégration progressive des bénévoles via la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Tout en s’appuyant sur cette volonté présidentielle, le Président du CESEC a joué la carte de la tempérance et de la méthode. Exhortant le collectif à la patience, il a pris l’engagement solennel de porter ce dossier auprès des autorités compétentes pour accélérer la régularisation des situations.
Cette médiation souligne le rôle pivot du CESEC dans la Ve République naissante : celui d’un amortisseur social capable d’écouter la détresse du terrain pour la traduire en urgence gouvernementale. Pour les enseignants non intégrés, le passage par le Conseil est une étape stratégique pour s’assurer que les promesses du Palais de la Rénovation ne se heurtent pas aux lenteurs bureaucratiques.Alors que le dossier est désormais sur le bureau des décideurs, la balle est dans le camp de la Fonction Publique. La réussite de cette intégration sera le test de la capacité du Gabon à solder définitivement ses dettes envers ceux qui forment sa jeunesse. Le CESEC, en se faisant le porte-voix de ces « oubliés », réaffirme que le social reste le cœur battant de la République.


Commentaires