Le Gabon franchit une étape symbolique dans sa quête de régulation de l’espace numérique. La Haute Autorité de la Communication (HAC) a récemment suspendu l’accès aux réseaux sociaux, une décision forte motivée par la volonté de protéger la jeunesse gabonaise contre la désinformation et l’exposition à des contenus inappropriés. Melodie Jennyfer Sambat, porte-parole adjointe de la présidence, a précisé que ce « recadrage » vise à instaurer un cadre légal protecteur, tout en encourageant le développement de plateformes nationales, affirmant ainsi une ambition de souveraineté technologique sans précédent pour le pays.
Au-delà de la sphère numérique, ce tournant s’inscrit dans une stratégie globale de diversification économique portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Fort d’une légitimité consolidée lors du scrutin d’avril 2025, le chef de l’État entend réduire la dépendance du Gabon aux industries extractives, qui représentent encore la moitié du PIB. L’objectif est clair : transformer localement les ressources naturelles, comme le manganèse, et atteindre l’autosuffisance alimentaire d’ici 2029, notamment par l’interdiction programmée des importations de volailles.
Cette nouvelle orientation, bien que critiquée par une partie de l’opposition qui y voit un risque pour les libertés démocratiques, mise sur des partenariats internationaux équilibrés et un soutien accru à l’entrepreneuriat local. En s’appuyant sur des institutions comme la Banque de l’Entrepreneuriat (BCEG), Libreville espère insuffler une dynamique de croissance durable. Le pari est audacieux : réinventer le modèle gabonais en conjuguant sécurité numérique, souveraineté économique et développement inclusif, pour faire du « Gabon Nouveau » une réalité tangible sur la scène continentale.


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