L’impatience gagne les sommets de l’État gabonais face à la lenteur des travaux sur l’axe stratégique Ndendé-Doussala. Lors d’une inspection de terrain ce mardi 10 mars, une délégation de haut niveau du ministère des Travaux publics, accompagnée par le représentant régional de la Banque africaine de développement (BAD), Léandre Bassolé, a dressé un constat sans appel : avec seulement 27 % de taux d’avancement, le projet accuse un retard préoccupant.
Lancé en novembre 2024, ce chantier de 49 kilomètres devait initialement être livré avant la fin de l’année en cours, une échéance qui semble désormais compromise sans une accélération drastique de la cadence.Cet axe routier ne représente pas seulement un désenclavement local ; il constitue un maillon essentiel de la Trans-africaine, ce corridor destiné à fluidifier les échanges commerciaux entre l’Afrique centrale et le reste du continent. Pour les autorités gabonaises, la réussite de ce projet est un test de crédibilité face aux bailleurs de fonds internationaux, au premier rang desquels la BAD. L’irritation manifeste des officiels souligne l’importance de cette infrastructure dans la stratégie de diversification économique du pays, où la logistique et l’interconnexion régionale sont désormais érigées en priorités nationales pour réduire les coûts de transport et stimuler l’intégration régionale.Face à ce blocage, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, s’apprête à convoquer une réunion de cadrage pour redresser la barre.
L’objectif est clair : identifier les goulots d’étranglement opérationnels et imposer des mesures correctives immédiates aux entreprises prestataires. Entre pression budgétaire et impératif de connectivité, Libreville joue gros. La capacité du gouvernement à faire respecter les délais sur ce tronçon frontalier sera scrutée de près par les observateurs, alors que le pays cherche à affirmer son rôle de pivot logistique au sein de la zone CEMAC.


Commentaires