Lors de la traditionnelle cérémonie des vœux au Palais Rénovation, le patron des Forces de police nationale a dressé un bilan 2025 marqué par une offensive sans précédent contre les réseaux criminels et les trafics de stupéfiants.Le décorum des grands jours était de mise ce mercredi au Palais présidentiel de Libreville. Face au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguéma, en sa qualité de Chef suprême des Forces de défense et de sécurité, le Général de Brigade Serge Hervé Ngoma n’est pas venu les mains vides.
Pour cet exercice de présentation de vœux, le Commandant en chef des Forces de police nationale (FPN) a livré une batterie de chiffres illustrant une doctrine sécuritaire désormais axée sur trois piliers : discipline, efficience et rigueur.
Une machine judiciaire sous pression:
L’année 2025 aura été celle d’une activité judiciaire intense. Selon les données dévoilées par le Général Ngoma, les commissariats et unités spécialisées du pays ont enregistré un total de 11 239 plaintes. Un volume qui témoigne à la fois d’une présence accrue sur le terrain et d’une confiance — ou d’une sollicitation — plus marquée des populations envers les forces de l’ordre.Le traitement de ces dossiers a conduit à un taux de réponse pénale significatif : -4 851 dossiers ont abouti à des déferrements devant le parquet. -1 961 personnes ont été placées sous mandat de dépôt à la suite de ces enquêtes.Narcotrafic : l’explosion des saisiesC’est sur le front de la lutte contre les stupéfiants que les résultats sont les plus spectaculaires. L’Office central de lutte antidrogue (OCLAD) semble avoir changé d’échelle dans ses opérations. En 2025, le volume de drogues saisies a atteint des sommets, avec 975 kg de produits illicites interceptés, dont l’immense majorité (973 kg) est constituée de cannabis.
« Ce volume a plus que doublé par rapport à l’année 2024 », a souligné le Général de Brigade, marquant ainsi une volonté de démanteler les réseaux de distribution qui irriguent les quartiers de la capitale et de l’intérieur du pays. Cette offensive ne se limite pas aux drogues récréatives. La police a également accentué sa pression sur le marché noir des produits pharmaceutiques. Plus de 76 000 comprimés de médicaments détournés ou contrefaits ont été saisis l’an dernier, contre 61 000 en 2024, pointant du doigt les enjeux de santé publique liés aux réseaux de vente illicite.Un message politique et sécuritaire:Pour Brice Clotaire Oligui Nguéma, ces résultats viennent valider une stratégie de reprise en main de l’appareil sécuritaire national.
En mettant en avant ces statistiques, l’exécutif gabonais entend démontrer que l’ordre public reste une priorité absolue pour la stabilité du pays.Au-delà des chiffres, le Général Serge Hervé Ngoma a réitéré l’importance du comportement exemplaire des agents, la « discipline » étant érigée en rempart contre les dérives éthiques qui ont parfois entaché l’image de l’institution par le passé. Une manière de signifier que, sous l’ère Oligui Nguéma, la performance doit désormais s’accompagner d’une rigueur de fer.


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