La tension monte à Libreville alors que les agents de la Direction Générale de la Sécurité Routière (DGSR), menés par Jules Arnaud Ditengou, président du SYNASR, brandissent la menace d’une grève générale dès le 23 février prochain. Malgré les efforts récents des autorités, incluant la dotation de trois véhicules et de quelques équipements informatiques, le personnel dénonce une situation structurelle devenue insupportable. Entre des uniformes acquis sur fonds propres et une pression administrative croissante, le malaise est palpable au sein d’une institution pourtant vitale pour la sûreté des usagers gabonais.
Au cœur du litige se trouve la gestion opaque du compte ristourne logé au Trésor public. Selon les textes en vigueur, 40% des recettes issues des opérations de contrôle routier devraient être reversées sous forme de primes de rendement et servir au financement des missions de terrain. Or, ces primes accusent aujourd’hui plus d’un an de retard. Les agents fustigent une précarité qui contraste avec leur contribution directe à l’alimentation des caisses de l’État. Pour le syndicat, il ne s’agit pas de quémander des privilèges, mais d’exiger l’application stricte des textes réglementaires pour garantir la dignité du corps.Face à ce qu’ils qualifient d’immobilisme gouvernemental, les grévistes appellent à une intervention urgente du Chef de l’État et du ministre des Transports.
Leurs revendications sont claires : le paiement immédiat des arriérés, le recrutement d’une nouvelle promotion pour pallier le vieillissement des effectifs, et la levée des entraves administratives qui paralysent l’action sur le terrain. Si aucune avancée concrète n’est enregistrée d’ici vendredi, la sécurité routière pourrait bien connaître un coup d’arrêt majeur, laissant les routes du pays sans surveillance dès lundi matin.


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