Le secteur énergétique gabonais entre dans une phase de turbulences nécessaires. Sous l’impulsion du ministère de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, le gouvernement a lancé récemment, une opération d’envergure visant à identifier et à régulariser les créances de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). Cette initiative, qui cible en premier lieu les branchements directs et les installations non conformes, s’inscrit dans une volonté de mettre fin à une culture de l’informel qui grève lourdement les comptes de l’opérateur national. Pour Libreville, il ne s’agit plus seulement de fournir de l’électricité, mais de garantir que chaque kilowattheure consommé soit tracé et facturé avec transparence.
La méthode employée par les autorités se veut à la fois chirurgicale et pédagogique. En publiant une première liste de personnes concernées — dont certaines identifiées uniquement par leur prénom pour des raisons de vérification — le ministère franchit un pas vers une pression sociale et administrative inédite. Les services techniques de la SEEG ont désormais pour mission de contacter ces usagers afin de normaliser leur situation. Cette stratégie de « vérité des comptes » vise à corriger des disparités flagrantes : pendant que certains ménages peinent à régler leurs factures, d’autres profitent de réseaux parallèles, créant un sentiment d’injustice profonde au sein de la population gabonaise.Au-delà de la simple régularisation technique, cette opération est le signal d’une réforme structurelle plus profonde voulue par le sommet de l’État. En annonçant pour cette semaine une nouvelle publication détaillant cette fois les abonnés débiteurs, le gouvernement durcit le ton pour améliorer le taux de recouvrement des créances.
Pour la SEEG, dont la santé financière est vitale pour les investissements futurs dans les infrastructures hydrauliques et électriques, cet assainissement est une condition sine qua non de survie. Libreville parie ainsi sur une gestion plus rigoureuse du service public pour rassurer les bailleurs de fonds et sécuriser l’accès à l’énergie pour tous.


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