À Libreville, l’heure est à la pédagogie comptable pour Martial Rufin Moussavou. Face à une polémique persistante sur la santé financière de Gab’Oil, le président du conseil d’administration a tenu à dissiper tout malentendu sur l’exercice 2025. Non, l’entreprise n’a pas encore renoué avec les bénéfices, contrairement à certaines interprétations hâtives circulant dans la capitale. Les chiffres présentés lors du conseil d’administration du 18 février 2026 sont pourtant clairs : si le déficit s’est réduit de 6 milliards de FCFA, le résultat net provisoire reste ancré dans le rouge à hauteur de -3 milliards de FCFA.
Une performance qui, bien que négative, témoigne d’une nette amélioration par rapport au gouffre de 9 milliards enregistré un an plus tôt.Pour le PCA, cette confusion entre « réduction du déficit » et « bénéfice net » nuit à la lecture des efforts d’optimisation entrepris par la direction générale. Martial Rufin Moussavou regrette une lecture erronée de données qui se voulaient pourtant transparentes. Cette cure d’amaigrissement des charges opérationnelles, bien que prometteuse, doit encore passer l’épreuve du feu : la certification des comptes par le commissaire aux comptes, attendue pour la fin du mois de mai 2026. Ce n’est qu’à cette échéance que le marché pourra réellement juger de la solidité du redressement amorcé par l’énergéticien national.Malgré ces vents contraires, Gab’Oil refuse de courber l’échine et mise sur une stratégie de croissance organique pour inverser définitivement la courbe. L’optimisme de Moussavou repose sur des indicateurs de gestion qui s’améliorent et sur un plan de développement ambitieux du réseau de distribution à travers le pays.
L’objectif est limpide : transformer ces « résultats provisoires encourageants » en un équilibre financier pérenne d’ici 2027. En attendant, la compagnie pétrolière doit naviguer entre rigueur budgétaire et expansion commerciale, tout en tentant de restaurer une image de marque malmenée par les bruits de couloir financiers.


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