L’organisme national de sécurité sociale a suspendu le remboursement des ordonnances émanant d’un médecin librevillois. Une mesure conservatoire qui illustre la nouvelle doctrine de fermeté contre les dérives financières dans le secteur de la santé.C’est un rappel à l’ordre qui résonne comme un avertissement pour l’ensemble de la chaîne de soins. Ce mercredi 7 janvier 2026, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) a rendu publique une décision radicale : l’interruption immédiate de la prise en charge de toute ordonnance prescrite au nom du Dr Ndong Ondo Léonce.
Une traque à la fraude systématisée:
La détection d’« anomalies » sur des ordonnances de ce prescripteur a déclenché une alerte rouge au sein des services de contrôle de la Caisse. Si la nature exacte des irrégularités n’a pas été détaillée, la réaction de l’organisme ne laisse aucun doute sur la gravité des faits soupçonnés. En invitant formellement les officines partenaires à refuser ces bons de soins, la CNAMGS coupe court à tout risque de décaissement indu.Cette décision, signée conjointement par le Directeur général (Médecin Général des Armées) et la Pr Béatrice Vette Nguema Edzang, s’accompagne d’une sanction financière sans appel : aucune de ces prescriptions ne donnera lieu à un remboursement. Une manière de responsabiliser les pharmaciens, désormais sommés de faire preuve d’une « vigilance accrue » pour préserver l’équilibre de leurs propres comptes.
Sauver la « solidarité nationale »:
Au-delà de ce cas isolé, c’est la survie du modèle gabonais de protection sociale qui se joue. La CNAMGS, pilier de la politique de redistribution, fait face depuis plusieurs années à des défis de trésorerie et à une recrudescence des pratiques frauduleuses qui érodent ses capacités d’intervention.« La solidarité a un sens », rappelle le communiqué en guise de conclusion.Ce slogan, loin d’être un simple mot d’ordre, traduit la volonté de la nouvelle direction de sanctuariser les ressources de l’assurance maladie. En renforçant le contrôle des pratiques médicales, la Caisse cherche à : -Sécuriser les fonds publics destinés aux populations les plus vulnérables. – Moraliser le secteur de la santé, où certains réseaux de fraude organisée ont pu prospérer. -Moderniser ses mécanismes de suivi grâce à un contrôle croisé entre prescripteurs et officines.
Un message aux partenaires:
Cette offensive contre la fraude marque un tournant dans la gestion de l’organisme. En médiatisant cette suspension, la CNAMGS envoie un message clair à tous ses partenaires (médecins, pharmaciens et cliniques) : l’heure de l’impunité est révolue. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, dont l’exécutif prône une gestion rigoureuse des deniers de l’État, la bonne santé financière de la CNAMGS est une priorité absolue pour garantir la paix sociale.Reste à savoir si cette mesure conservatoire sera suivie d’actions judiciaires, une étape qui confirmerait la volonté des autorités de faire de la lutte contre la corruption sanitaire un exemple de sa gouvernance.


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