Dix ans. Une décennie entière à la tête de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT). Pour Pierre-Alain Mounguengui, le temps semble s’être figé dans une spirale de promesses non tenues et de rendez-vous manqués. Alors que le football gabonais traverse une zone de turbulences sans précédent, une question brûle les lèvres des passionnés au quartier Louis comme dans les travées des Stades du Maroc: n’est-il pas temps de rendre le tablier ?​
Un bilan sportif en jachère:
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Le constat est glacial, presque chirurgical. Depuis son arrivée aux commandes en 2014, le bilan comptable des Panthères frise l’indigence au regard du talent brut à disposition. Malgré une génération dorée portée par l’icône Pierre-Emerick Aubameyang, le Gabon a brillé par son absence lors des plus grands rendez-vous. Et là quasiment, une élimination à la phase de groupe de la CAN en cours au Maroc car battu successivement par le Cameroun et le Mozambique.​
Échecs répétitifs :
Des éliminations précoces en phase de poules de la CAN aux absences remarquées lors des dernières éditions.​Instabilité chronique : Une valse des sélectionneurs qui témoigne d’un manque de vision à long terme.Abîme local : Un championnat national moribond, souvent à l’arrêt, laissant les talents locaux sur le carreau.​« On ne gère pas une fédération avec des souvenirs, mais avec des résultats. Et aujourd’hui, le compteur affiche zéro trophée et une progression en berne. Dix ans de néant, la mascarade Alain Mounguengui doit cesser », confie un ancien international sous couvert d’anonymat.
Le mirage de la « Boutique des Panthères »:​
C’est le symbole même d’une gestion déconnectée des réalités : la fameuse boutique officielle des Panthères. Annoncée en grande pompe comme le fleuron du merchandising moderne, elle n’est aujourd’hui qu’une coquille vide, une utopie de plus dans un océan de projets inaboutis.​Là où les supporters rêvaient d’arborer fièrement le maillot national acheté dans un circuit officiel, ils se retrouvent face à des vitrines poussiéreuses ou des promesses de « prochainement ». Ce projet, qui devait assurer une autonomie financière partielle à la Fédération, est devenu la métaphore d’une gouvernance qui brille par son incapacité à transformer l’essai.
Après 10 ans de règne, le crédit de Pierre-Alain Mounguengui semble épuisé. Le football gabonais n’a plus besoin de discours, il a besoin d’une thérapie de choc. La reconstruction passe par une remise à plat totale : formation des jeunes, réhabilitation des infrastructures et, surtout, une transparence retrouvée.​Le sifflet final a peut-être déjà retenti, mais le président de la FEGAFOOT semble être le dernier à l’avoir entendu. Pour le bien des Panthères, l’heure n’est plus à la prolongation, mais bien au passage de témoin.


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