Le 22 mars 2026 devait marquer le premier acte de la renaissance des Panthères du Gabon lors des FIFA Series en Ouzbékistan. Mais au lieu de célébrer le retour en grâce de la sélection nationale après la dissolution du staff en janvier dernier, c’est une vague d’indignation qui a déferlé sur les réseaux sociaux. En cause : des clichés officiels jugés « indignes » du standing d’une équipe nationale. Images floues, cadrages approximatifs et absence totale d’identité visuelle ont transformé ce déplacement stratégique en un naufrage communicationnel qui ternit l’image de l’institution.Cette fausse note technique a immédiatement ravivé la nostalgie et l’incompréhension des supporters.
Un nom revient en boucle comme un cri du cœur : Sofy Antchouet. La photographe, qui avait su forger une signature visuelle forte pour les Panthères, semble être la grande oubliée de cette phase de reconstruction dirigée par le sélectionneur intérimaire Anicet Yala. Pour le public, son absence n’est pas qu’un détail esthétique ; c’est une perte stratégique. À l’heure du football moderne, l’image est un pilier de la performance qui valorise autant les joueurs que les partenaires commerciaux de la fédération.La reconstruction d’une sélection nationale, entamée après l’élimination traumatique de la CAN 2025, ne peut se limiter au seul rectangle vert. La perception du public, la fierté nationale et le « storytelling » autour des joueurs dépendent de la qualité des contenus diffusés sur les canaux officiels. En négligeant la dimension visuelle, le staff actuel prend le risque de déconnecter la sélection de sa base de fans, là où une identité visuelle soignée agit comme un catalyseur d’adhésion et de professionnalisme.L’alerte lancée par les supporters gabonais est un message direct adressé aux instances dirigeantes.
Dans le processus de « Restauration des Institutions » qui touche tous les secteurs du pays, le sport roi ne peut se contenter de l’amateurisme en coulisses. Pour que les Panthères retrouvent leur lustre, la rigueur doit être de mise, du banc de touche jusqu’à l’objectif des photographes. Il est temps que les décideurs entendent que l’excellence d’une nation se lit aussi dans la netteté de ses clichés et la force de son image de marque.
Yolande ABORE


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