Au palais de la Rénovation, l’heure n’est plus aux diagnostics mais à l’urgence opérationnelle. Confronté à une grogne sociale persistante due aux délestages qui paralysent le Grand Libreville, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu en audience une délégation du géant turc Karpowership, conduite par son directeur général, Umut Cevik. En présence de Philippe Tonangoye, ministre de l’Énergie, et du top management d’une SEEG sous haute pression, le chef de l’État a exploré la piste des navires-centrales, ces unités flottantes capables d’injecter massivement des mégawatts dans un réseau national à bout de souffle.
Pour le président, l’enjeu est double : saturer le déficit de production à court terme et restaurer une stabilité électrique devenue le baromètre de sa politique d’accès aux services de base.Cette rencontre souligne un tournant pragmatique dans la stratégie énergétique gabonaise. Alors que les infrastructures terrestres souffrent d’un sous-investissement chronique, la solution proposée par Karpowership — leader mondial du secteur — offre l’avantage d’une mise en œuvre quasi immédiate. Les discussions ont porté sur le renforcement des capacités de production et, surtout, sur la stabilisation d’un réseau dont la fragilité entrave non seulement le quotidien des ménages mais aussi la productivité des acteurs économiques. En s’enquérant personnellement de l’état du parc national, Oligui Nguema envoie un signal clair : la fourniture d’électricité n’est plus une simple question technique, mais un impératif de souveraineté et un levier majeur de la transformation économique du pays.
L’exigence présidentielle est désormais assortie d’une obligation de « résultats concrets et mesurables ». Conscient que l’accès à l’énergie constitue le premier pilier de son projet de société, le chef de l’exécutif a sommé les parties prenantes d’accélérer la cadence pour réduire durablement les coupures. Pour la SEEG, ce partenariat potentiel avec les Turcs de Karpowership représente une bouffée d’oxygène, mais aussi un défi d’intégration technique. À Libreville, on attend désormais de voir si cette diplomatie de l’énergie se traduira, dans les meilleurs délais, par le retour de la lumière dans les foyers, condition sine qua non pour apaiser l’impatience des populations et soutenir la croissance nationale.


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