Alors que le secteur de l’éducation menace de s’enliser dans une crise sociale profonde, le Vice-Président du gouvernement a réuni les ministres du pôle économique et social ce 6 janvier. L’objectif : éteindre l’incendie avant qu’il ne fragilise davantage la politique menée par le Chef de l’État Brice Clotaire Oligui Nguema.C’est ce qu’on appelle une rentrée sous haute tension. Au lendemain des fêtes de fin d’année, l’ambiance est loin d’être sereine dans les couloirs du ministère de l’Éducation nationale à Libreville. Pour tenter de désamorcer la bombe sociale, le Vice-Président du Gouvernement, Herman Immongault, a pris les devants ce mardi 6 janvier en convoquant une réunion interministérielle de crise.
Autour de la table, le casting était à la mesure de l’urgence : les patrons de l’Éducation nationale, de l’Économie, du Budget et de la Fonction publique. Si l’ordre du jour portait officiellement sur le « point des préoccupations des enseignants », la réalité est plus prosaïque. Depuis plusieurs semaines, la grogne monte dans les salles de classe.En cause ? Des dossiers qui empoisonnent le dialogue social depuis des années :Le paiement des vacations (arriérés de primes pour les examens et concours).La régularisation des situations administratives pour des milliers d’agents en attente d’intégration.La mise en solde des nouveaux diplômés des écoles normales.La méthode Oligui Nguema:Herman Immongault, agissant en véritable coordinateur de l’action gouvernementale, a rappelé ses troupes à l’ordre. Selon nos informations, le Vice-Président a insisté sur l’« obligation de résultats », une formule chère au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.Depuis son arrivée au pouvoir, le Chef de l’État a fait de l’éducation l’un des piliers de son narratif de « restauration des institutions ».
Pour le Palais du Bord de mer, un blocage prolongé des établissements scolaires serait un aveu de faiblesse politique, alors que le calendrier de la transition entre dans une phase cruciale.« Le Président exige une action centrée sur les problématiques affectant directement le quotidien des Gabonais », a martelé Herman Immongault durant la séance.Vers une sortie de crise ?Si des orientations ont été données pour un « retour à la normale », le plus dur reste à faire : trouver les marges budgétaires nécessaires.
Dans un contexte de réorganisation des finances publiques, les ministres de l’Économie et du Budget sont désormais sous pression pour libérer les fonds promis.Pour le gouvernement de transition, l’enjeu est double. Il s’agit d’une part de satisfaire les syndicats d’enseignants — traditionnellement combatifs au Gabon — et d’autre part de rassurer une jeunesse dont le soutien est indispensable à la stabilité du régime.Reste à savoir si ces annonces suffiront à calmer la base. À Libreville, comme à Port-Gentil ou Oyem, les enseignants attendent désormais des actes concrets sur leurs bulletins de solde. Le temps presse : au Gabon, l’école est souvent le thermomètre de la rue.


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