Alors que les Aigles de Carthage quittent prématurément la CAN sur un constat d’échec cuisant, les supporters tunisiens tournent leurs regards vers l’Afrique centrale. À Libreville, la thérapie de choc imposée par les autorités à la suite du fiasco des Panthères semble porter ses fruits, au point de devenir une référence pour un football tunisien en pleine crise d’identité.​Le contraste est saisissant. D’un côté, une Tunisie morose, éliminée sans gloire dès la phase de poules, minée par des querelles intestines au sein de sa fédération (FTF) et un manque flagrant de renouvellement. De l’autre, un Gabon qui, après avoir touché le fond, a choisi la méthode forte pour rebâtir un édifice autrefois branlant.
Pour Libreville, l’objectif est clair : le football ne doit plus être un gouffre financier sans résultats, mais un vecteur de fierté nationale encadré par une gestion rigoureuse.​À Tunis, dans les cafés de l’avenue Habib Bourguiba, l’amertume a laissé place à l’envie. « Regardez le Gabon, ils ont eu le courage de tout arrêter pour mieux repartir », s’exclame Slim, supporter inconditionnel des Aigles. « Chez nous, on change l’entraîneur, mais on garde les mêmes problèmes : une fédération opaque, des clubs endettés et une formation à l’arrêt. »​Sur les réseaux sociaux, le hashtag demandant une « refondation à la gabonaise » commence à fleurir. Les Tunisiens, habitués à l’excellence technique de leur équipe, ne supportent plus de voir leur sélection stagner pendant que d’autres nations africaines opèrent des mues spectaculaires. À cet effet, comme les panthères du Gabon, le sélectionneur Tunisien a été limogé annonce la presse tunisienne.
Si le modèle gabonais séduit par sa poigne, il pose aussi la question de l’ingérence politique dans le sport, un terrain sur lequel la FIFA reste traditionnellement très sourcilleuse. Mais pour beaucoup d’observateurs à Tunis, le risque d’une suspension internationale est un prix dérisoire face à la nécessité de nettoyer les écuries d’Augias.​« Le Gabon a compris que le football de haut niveau ne peut exister sans une base saine », analyse un consultant sportif basé à Carthage. « La Tunisie a longtemps vécu sur ses acquis. Aujourd’hui, le miroir gabonais nous renvoie l’image de notre propre inertie. »


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