Depuis le 10 novembre dernier, le paysage énergétique gabonais amorce une mutation structurelle majeure. Sous l’impulsion d’une collaboration entre l’expertise turque d’Aksa Enerji et le savoir-faire local de l’entreprise ESFBUS, une opération de démantèlement de grande envergure redessine l’avenir des centrales thermiques nationales.Le chantier a débuté à la centrale d’Akournam (Owendo), où le retrait de géantes d’acier impose une logistique hors norme. Trois turbines tirent leur révérence, dont deux modèles Alstom de 220 tonnes chacun.
Sélectionnée par appel d’offres, ESFBUS affiche un taux d’exécution de 90 % en deux mois, sans aucun incident.​Au-delà du démontage, l’entreprise gère la démolition de structures complexes : des fondations en béton de 31 mètres de long et près de 3 590 m² d’aménagements au sol. « Cela prouve que nos compétences techniques peuvent répondre à des projets critiques sans expertise étrangère systématique », se félicite Eugène Massamba, directeur d’ESFBUS.Dès janvier 2026, la Phase II s’ouvrira à Port-Gentil (boulevard Léon-Mba) pour le démantèlement de deux autres turbines de 20 MW. Ces travaux préparatoires permettront l’installation de nouvelles unités de production.
À terme, le partenariat prévoit l’injection de 100 MW supplémentaires, voire la création d’une centrale à gaz de 1 000 MW.Ce projet est vital. Avec un déficit de plus de 300 MW entre l’offre et la demande, le Gabon subit des délestages chroniques. Le passage à la technologie Bifuel (Gaz/Fioul) permettra d’exploiter le gaz naturel national, plus écologique, tout en sécurisant l’approvisionnement. Ce renouveau industriel, porté par ESFBUS, marque une étape décisive vers la stabilité énergétique du pays.


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