Le bras de fer se durcit entre le ministère de l’éducation nationale et le corps enseignant. Ce 17 janvier, malgré les récentes annonces gouvernementales visant à régulariser les situations administratives, les « enseignants précarisés » ont tranché : la grève se poursuit sur l’ensemble du territoire national. Un camouflet pour l’exécutif, qui semble désormais avoir épuisé ses cartouches diplomatique.
Pourtant, le gouvernement n’est pas resté inactif. Hermann Immongault, vice-président du Gouvernement, et Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d’État à l’Éducation nationale, ont multiplié les gages de bonne volonté ces derniers jours. Budgétisation de postes, promesses d’accélération des dossiers de carrière, mise en place de commissions paritaires… la panoplie des mesures « concrètes » était sur la table.Mais sur le terrain, la base syndicale reste de marbre. Pour de nombreux observateurs de la vie politique gabonaise, ce blocage sonne comme un constat d’échec pour le duo. Malgré leur maîtrise technique des dossiers, ils ne semblent plus disposer de la « surface politique » nécessaire pour rassurer un secteur échaudé par des années de promesses non tenues sous l’ancien régime.
Le facteur « Brice Oligui Nguema » : l’homme providentiel ?
Dans les couloirs des ministères à Libreville, une question brûle toutes les lèvres : le dialogue est-il rompu avec le gouvernement ? Pour les grévistes, l’interlocuteur semble désormais tout désigné. « Nous ne voulons plus de promesses de ministres qui n’ont pas la main sur le Trésor public. Nous voulons des garanties du sommet », confiait ce matin un délégué syndical sous couvert d’anonymat. En se tournant directement vers le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, les enseignants jouent la carte de l’arbitrage suprême.
Le chef de l’État, qui a fait de la restauration des institutions et du social son cheval de bataille est sollicité à s’impliquer personnellement par les parents d’élèves. Alors que le secteur éducatif est à l’arrêt depuis plus d’une semaine, l’opinion publique commence à s’inquiéter de l’impact sur le calendrier scolaire. Si le Palais ne siffle pas rapidement la fin de la récréation, le Gabon pourrait s’enfoncer dans une crise sociale profonde, là où le pouvoir actuel cherche justement à consolider une paix sociale fragile.Le temps presse. Entre les salles de classe vides et les bureaux feutrés, le Chef de l’État Oligui Nguema devra sans doute, une fois de plus, endosser l’uniforme de guide en Chef.


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