Le bras de fer entre le gouvernement gabonais et les syndicats de l’enseignement franchit une étape critique en ce début d’année 2026. Malgré les appels répétés à l’apaisement, la décision des enseignants, le samedi 31 janvier, de poursuivre leur mouvement de grève a contraint le ministère de l’Éducation nationale à une réactivité immédiate. Face au spectre d’une année blanche, la Ministre d’État, Camélia Ntoutoume Leclercq, a convoqué dans la foulée une séance de travail marathon avec le Comité Technique Tripartite, réunissant experts, partenaires sociaux et représentants de l’UNESCO pour tenter de sauver l’année scolaire.
Au cœur de cette « cellule de crise » qui s’est prolongée jusque tard dans la nuit au Ministère de l’Éducation nationale, l’enjeu était double : administratif et pédagogique. La transmission de 943 « fiches bleues », destinées à régulariser la situation des enseignants des établissements confessionnels, a été présentée comme un gage de bonne volonté de l’État pour répondre aux revendications statutaires. En s’attaquant à ces dossiers de carrière en souffrance, le ministère tente de désamorcer la méfiance des syndicalistes par des actes concrets, espérant ainsi transformer cette avancée en levier de négociation pour une reprise des cours.Toutefois, la priorité absolue reste le réaménagement du calendrier scolaire, devenu caduc après des semaines de perturbations. En présence de Séraphine Memine Nzue, administratrice du programme Éducation à l’UNESCO, les experts ont planché sur une nouvelle architecture temporelle capable de compenser le retard accumulé sans sacrifier la qualité des apprentissages.
Ce plan de rattrapage, validé lors de cette réunion de haut niveau, prévoit des mesures d’urgence pour garantir la continuité du service public et sécuriser les examens de fin d’année, véritables baromètres de la stabilité sociale du pays.Cette mobilisation nocturne, achevée peu avant minuit, illustre l’urgence dans laquelle navigue désormais le ministère pour préserver l’avenir de la jeunesse gabonaise. En privilégiant une méthode inclusive et tripartite, Camélia Ntoutoume Leclercq cherche à bâtir un consensus fragile mais nécessaire avec toutes les parties prenantes. Si le dialogue semble rétabli sur le plan technique, l’efficacité de ce nouveau calendrier dépendra de la capacité du gouvernement à convaincre durablement la base syndicale que les promesses de régularisation seront suivies d’effets budgétaires immédiats.


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