Le bras de fer entre le gouvernement gabonais et le corps enseignant entre dans une phase de haute tension. Sous l’impulsion du Secrétariat Général du Ministère de l’éducation nationale dit-on, la Direction Générale de l’Enseignement Scolaire et Normal (DGESNA) s’apprêterait à durcir le ton en exigeant des Directeurs d’Académie Provinciale (DAP) un recensement exhaustif des effectifs du corps enseignants. Cette injonction, qui doit être satisfaite dès ce lundi 2 février 2026 avant 13 heures, marque la fin d’une période d’observation et le début d’une reprise en main administrative musclée dans un secteur miné par les débrayages.
L’administration centrale ne se contente plus de simples pointages de présence. Les autorités exigent désormais des listes nominatives détaillées,qui incluraient les numéros de matricule, afin de distinguer les enseignants ayant repris les cours de ceux qui maintiennent la grève. Pour les premiers, une « preuve de reprise » est désormais requise, tandis que pour les seconds, le constat d’absence est consigné sans équivoque. Cette collecte de données, qualifiée de « délai de rigueur », suggère une volonté de cartographier précisément les foyers de résistance au sein des établissements du ressort de chaque académie.L’ombre de la mise sous bon de caisse plane désormais sur les grévistes. Cette procédure, redoutée dans la fonction publique gabonaise, consiste à suspendre le virement bancaire automatique des salaires pour contraindre l’agent à récupérer son dû physiquement, après avoir prouvé sa présence effective à son poste.
En interpellant la diligence des responsables locaux sur la transmission de ces données, le ministère de l’Éducation nationale semble prêt à actionner le levier financier pour briser l’inertie et garantir la continuité du service public.Au-delà de l’aspect comptable, cette crise souligne les difficultés persistantes de dialogue entre l’État et les syndicats de l’éducation. Alors que les établissements s’apprêtent à recevoir les visites d’inspection, le climat social reste délétère, oscillant entre lassitude des parents d’élèves et détermination des enseignants. La célérité avec laquelle la DGESNA exige ces informations témoigne d’une urgence : celle d’éviter une année blanche tout en affirmant l’autorité de l’État face à des revendications corporatistes qui semblent, pour l’heure, dans l’impasse.


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