Au lendemain d’une débâcle historique lors de la CAN 2025 au Maroc, Libreville a tranché. Par un communiqué officiel diffusé ce 1er janvier 2026, les autorités gabonaises annoncent la dissolution du staff technique et la suspension de l’équipe nationale. Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga font les frais de cette purge.Le réveil est brutal pour le football gabonais.
Alors que les célébrations du Nouvel An battaient leur plein, le ministère de la Jeunesse et des Sports a publié un communiqué aux allures de verdict sans appel. Qualifiant la prestation des Panthères lors de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 de « déshonorante », le gouvernement de la Transition a décidé de frapper un grand coup.Les sanctions sont radicales. Premier acte : la dissolution immédiate du staff technique. Si le sort du sélectionneur semblait scellé dès l’élimination précoce au Maroc, la mesure s’étend à l’ensemble de l’encadrement.
Deuxième acte, plus surprenant encore : la suspension de l’équipe nationale jusqu’à nouvel ordre. Le Gabon se retire donc, pour une durée indéterminée, de la scène internationale, laissant planer le doute sur sa participation aux prochaines échéances qualificatives.Mais c’est le volet individuel du communiqué qui suscite le plus de remous. Les noms de deux piliers historiques de la sélection sont explicitement cités : Pierre-Emerick Aubameyang et Bruno Ecuele Manga. Les deux vétérans sont « mis à l’écart ». Si le communiqué évoque des comportements « aux antipodes des valeurs d’éthique et d’exemplarité », il ne précise pas la nature exacte des griefs reprochés aux deux stars.La fin d’une époque ?Pour « PEA », 36 ans, et Ecuele Manga, cette mise au ban sonne comme une fin de carrière internationale par la petite porte.
Leaders de la génération dorée des années 2010, les deux joueurs incarnaient jusqu’ici l’ossature de l’équipe. Leur éviction brutale suggère que le pouvoir de Libreville souhaite faire table rase du passé pour reconstruire sur des bases qu’il juge plus saines, en phase avec l’esprit de la « Ve République ».En invitant la Fédération Gabonaise de Football (Fegafoot) à « prendre toutes ses responsabilités », le gouvernement place l’instance dirigée par Pierre-Alain Mounguengui sous une pression maximale. Dans un pays où le football est une affaire d’État et un vecteur de cohésion nationale, cette intervention musclée du politique dans le sportif témoigne de l’exaspération des autorités face à des résultats jugés insuffisants au regard des investissements consentis.
Cette mise sous tutoriel de fait pose de nombreuses questions. Comment la FIFA, généralement très sourcilleuse sur l’ingérence des gouvernements dans les affaires des fédérations, réagira-t-elle à cette suspension ? Le Gabon risque-t-il des sanctions plus lourdes à l’échelle internationale ?Pour l’heure, à Libreville, le temps est à l’introspection. En décapitant sa sélection nationale, le Gabon choisit la politique de la terre brûlée. Reste à savoir si ce « nettoyage » permettra de faire émerger une nouvelle génération de Panthères, ou s’il plongera le football national dans un long hiver.


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