Réuni ce lundi 5 janvier 2026 au Palais de la Rénovation, le premier Conseil des ministres de l’année a pris des airs de séminaire de management. Le Chef de l’État gabonais a tracé une ligne rouge : l’heure n’est plus aux intentions, mais aux livrables.C’est un message de fermeté et d’exigence méthodologique qu’a délivré Brice Clotaire Oligui Nguema en ce début d’année. Pour le premier tour de table gouvernemental de 2026, le ton était résolument managérial. Exit la « culture des moyens » et les procédures bureaucratiques sans fin ; le locataire du Palais du Bord de mer veut transformer l’appareil d’État en une machine à résultats.
Un triptyque pour l’action publique:
Le Chef de l’État a articulé sa vision autour de trois piliers qu’il juge « indissociables » pour moderniser l’administration gabonaise :
Le pilotage stratégique : Chaque ministre devient le patron d’un périmètre étanche, avec l’interdiction formelle de voir ses responsabilités se diluer dans des chevauchements administratifs.
La redevabilité : Présentée comme une « obligation républicaine », elle impose aux membres du gouvernement de justifier leurs actions de manière factuelle et sans complaisance.
L’impact réel : Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, le succès d’une politique ne se mesure plus au budget dépensé, mais à l’amélioration concrète du quotidien des Gabonais (emploi, services publics, production nationale).
Le « chronomètre » est lancé:
Pour transformer ces principes en réalité, le Président n’a pas fait que discourir : il a imposé un calendrier serré. Les membres du Gouvernement, qui ont reçu leurs lettres de mission, sont désormais liés par un dispositif de suivi « non négociable ».« L’État doit redevenir un État qui pilote, anticipe et arbitre, et non un État qui subit », a martelé le Chef de l’État.Le compte à rebours est clair :
-30 jours pour fournir une feuille de route des « cent jours », détaillant les priorités immédiates et les responsables désignés.
-60 jours pour signer un contrat de performance ministériel, aligné sur le Plan National de Développement de la Transition (PNDT) — bien que l’accent soit mis ici sur la cohérence avec le Programme National de Citoyenneté et de Développement (PNCD) et les engagements présidentiels.
Un contrôle sous haute surveillance:
Pour s’assurer que ces directives ne restent pas lettre morte, un mécanisme de suivi rigoureux a été instauré. Les rapports d’exécution périodiques devront être transmis au Vice-Président de la République ainsi qu’au Vice-Président du Gouvernement.Cette architecture institutionnelle vise à créer un filtre permanent entre l’annonce politique et la réalisation technique. En imposant des indicateurs « clairs, mesurables et vérifiables », Brice Clotaire Oligui Nguema place ses ministres sous une surveillance de chaque instant. À Libreville, le message est passé : en 2026, l’efficacité sera l’unique baromètre de la survie politique.


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