Libreville s’apprête à accueillir, les 12 et 13 janvier prochains, une conférence internationale inédite dédiée à l’iboga et à l’ibogaïne. Entre préservation d’un patrimoine mystique et ambitions biotechnologiques, le Gabon entend reprendre la main sur sa « plante miracle ».C’est une petite racine aux pouvoirs immenses qui s’apprête à faire vibrer les salons de l’Hôtel de la Sablière. Longtemps confiné aux enceintes sacrées du Bwiti, l’iboga sort de la forêt pour s’inviter au cÅ“ur du débat public.
Sous le thème « L’Iboga, racine du Gabon, source d’avenir durable », cette conférence internationale ambitionne de transformer ce trésor national en un levier de développement stratégique.Un pont entre tradition et scienceL’enjeu est de taille : comment concilier le respect des autorités traditionnelles, gardiennes du temple, avec les appétits croissants de la recherche médicale internationale ? L’ibogaïne, le principe actif de la plante, suscite un intérêt mondial pour ses propriétés révolutionnaires dans le traitement des addictions et de la dépression.Pour Libreville, il ne s’agit plus seulement de célébrer un rite de passage, mais de structurer une véritable filière. « Il s’agit de poser les bases d’une vision nationale partagée », expliquent les organisateurs.
En réunissant chercheurs, entrepreneurs et pouvoirs publics, le sommet veut éviter que le Gabon ne soit dépossédé de sa ressource, comme ce fut trop souvent le cas pour les richesses biologiques du continent.Souveraineté et développement durableAu-delà de la mystique, l’ordre du jour est résolument pragmatique : * Valorisation économique : Créer une chaîne de valeur locale pour que la transformation de la plante profite d’abord aux populations gabonaises. * Préservation du patrimoine : Protéger la plante de la surexploitation et du trafic illégal, tout en garantissant les droits de propriété intellectuelle liés aux savoirs ancestraux. * Diplomatie scientifique : Positionner le Gabon comme le hub leader de la recherche sur les psychédéliques naturels en Afrique.
Le défi de la régulationSi les partenaires internationaux, notamment américains, pressent pour une accélération des échanges, le Gabon avance avec prudence. Le défi pour les autorités sera de construire un cadre juridique solide, capable d’attirer les investissements tout en érigeant des barrières contre la biopiraterie.À l’heure où le pays cherche à diversifier son économie hors-pétrole, « l’or vert » pourrait bien devenir l’un des fleurons du « Gabon Vert ». Un rendez-vous qui s’annonce donc comme un moment fondateur pour la souveraineté thérapeutique et culturelle du pays.


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