Le paysage maritime gabonais connaît un nouveau souffle avec l’entrée en service de l’Elobey VI au sein de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII). Ce navire, fruit d’un contrat d’affrètement stratégique avec la société SOTRAMAT, vient pallier un déficit chronique de capacités sur le segment crucial du transport de fret et de passagers. En renforçant la flotte nationale, Libreville affiche sa volonté de reprendre la main sur la liaison névralgique entre la capitale administrative et Port-Gentil, le poumon économique du pays, jusqu’ici largement dominée par des opérateurs privés.
Au-delà du simple déploiement technique, l’arrivée de ce bâtiment s’inscrit dans une offensive plus globale contre la vie chère. En fluidifiant l’acheminement des marchandises vers la cité pétrolière, les autorités espèrent réduire les coûts logistiques qui pèsent lourdement sur le panier de la ménagère. Pour le ministère des Transports, de la Marine Marchande et de la Logistique, l’enjeu est de taille : démontrer que la CNNII peut redevenir un acteur compétitif et fiable, capable de soutenir les opérateurs économiques tout en remplissant une mission de service public essentielle pour la cohésion territoriale.Cette acquisition témoigne également de la nouvelle dynamique impulsée par l’exécutif pour moderniser les infrastructures portuaires et les outils de souveraineté économique.
En s’appuyant sur un partenariat public-privé (PPP) avec un acteur local comme SOTRAMAT, le gouvernement gabonais privilégie une approche pragmatique pour contourner les contraintes budgétaires immédiates tout en renouvelant son parc naval. Reste désormais à la CNNII à prouver la pérennité de ce modèle de gestion, dans un secteur où la maintenance et la régularité des rotations demeurent les principaux défis à relever pour convaincre durablement les usagers.


Commentaires