À Libreville, l’heure est à la levée des blocages administratifs historiques. Ce jeudi 29 janvier 2026, la Ministre d’État chargée de l’Éducation nationale, Camélia Ntoutoume Leclercq, a franchi une étape décisive en annonçant la signature de 943 « fiches bleues » au profit des enseignants des confessions religieuses. Sous l’impulsion directe du président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce processus, piloté via un guichet unique ministériel, vient régulariser la situation d’un pan entier du corps enseignant — catholiques, musulmans et évangéliques — longtemps resté en marge des dispositifs de gestion de la fonction publique.
Ces documents administratifs, bien plus que de simples formulaires, représentent le sésame indispensable pour la sécurisation de la carrière et des émoluments de ces éducateurs. En intégrant ces 943 fiches dans le circuit officiel, l’exécutif gabonais réaffirme sa volonté d’uniformiser les conditions de travail entre le secteur public et le secteur confessionnel, pilier historique du système éducatif national. Pour les bénéficiaires, c’est la fin d’une attente prolongée et la reconnaissance tangible de leur mission de service public au sein des structures confessionnelles.Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale de « restauration de la dignité » de l’enseignant, thème cher au Palais du Bord de Mer depuis le début de la transition. En misant sur le dispositif du guichet unique, le ministère a réussi à court-circuiter les lourdeurs bureaucratiques qui ralentissaient traditionnellement les régularisations.
Ce geste fort envers les communautés religieuses souligne également l’importance d’un dialogue apaisé avec les partenaires institutionnels de l’école, garantissant ainsi une égalité des chances pour tous les éducateurs, quel que soit leur ancrage.Au-delà de l’impact immédiat sur le moral des troupes, cette signature massive envoie un signal de stabilité à l’ensemble du secteur éducatif. Alors que le pays s’attèle à de vastes réformes pédagogiques, la sérénité administrative des enseignants apparaît comme le préalable non négociable à toute amélioration des résultats scolaires. Pour Camélia Ntoutoume Leclercq, la mise en œuvre de ce guichet unique est la preuve que la modernisation de l’État gabonais passe par une gestion humaine et équitable de son capital le plus précieux : ses enseignants.


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