Après une brève parenthèse qui a vu le climat social se dégrader brutalement, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale retrouve son maroquin. Sa mission est urgente : rétablir le dialogue avec des syndicats à cran et sauver une année scolaire déjà fragilisée.Le Palais du Bord de mer a tranché. Alors que le secteur éducatif gabonais traverse une zone de turbulences inédite, le choix de la continuité et de l’expérience l’a emporté.
Ce lundi, lors de sa prestation de serment, Camélia Ntoutoume Leclercq n’affichait pas seulement le sourire protocolaire de circonstance, mais le visage d’une femme d’État consciente de l’ampleur de la tâche.Un secteur « sous oxygène »Le constat est amer. En seulement un mois, durant l’intérim assuré par l’ancien ministre Désiré Mamboula, la machine éducative s’est grippée. Ce qui n’était que des murmures de mécontentement s’est transformé en un véritable cri d’alarme. Revendications salariales, conditions de travail précaires et réformes en suspens : le secteur est aujourd’hui « sous oxygène ».Depuis son arrivée initiale à la tête de ce département ministériel stratégique, Camélia Ntoutoume Leclercq avait pourtant réussi un tour de force : maintenir une paix sociale durable. Sa méthode, faite de dialogue permanent et d’actes concrets, avait permis d’éviter les paralysies totales qui étaient autrefois la norme.Pourquoi ce retour est-il perçu comme celui de la dernière chance ? Parce que la ministre possède une arme que ses prédécesseurs ont parfois négligée : la confiance des partenaires sociaux.
Là où d’autres opposent la fermeté bureaucratique, elle privilégie la concertation de proximité.« Aucun mouvement de grève n’a réussi, sous son ère, à paralyser le secteur à ce point. Elle connaît les dossiers, mais surtout, elle connaît les hommes et les femmes qui font l’école gabonaise », confie un cadre du ministère.Les chantiers de l’urgenceDès ses premières heures de fonction, l’agenda s’annonce marathonien. Pour éviter l’année blanche ou une dégradation irréversible du calendrier scolaire, Camélia Ntoutoume Leclercq doit impérativement :Engager des discussions constructives avec les leaders syndicaux pour désamorcer les préavis de grève.Apporter des réponses palpables aux problèmes logistiques qui étranglent les établissements de l’intérieur du pays.Restaurer la sérénité chez les parents d’élèves, dont l’inquiétude grandit face aux débrayages à répétition.Au Gabon, l’école n’est pas qu’un service public ; c’est le baromètre de la stabilité sociale. En rappelant cette « démineuse » expérimentée au chevet d’une éducation en crise, l’exécutif espère transformer cette période de tension en un nouveau départ. Le temps presse, et les yeux de la jeunesse gabonaise sont désormais rivés sur le 15, Rue de l’Éducation.


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