Dans les couloirs du ministère de l’Éducation nationale, les lumières ne s’éteignent plus. Reconduite à son poste lors du remaniement du 1er janvier 2026, Camélia Ntoutoume Leclercq a immédiatement plongé dans un « marathon de l’apaisement ». Face à une rentrée de janvier marquée par un durcissement des mouvements syndicaux, la ministre d’État a choisi d’opposer la force de l’écoute à la paralysie des classes. En citant Kofi Annan, elle rappelle que l’éducation est le « prémisse du progrès », une philosophie qu’elle tente de traduire en actes en traitant les dossiers de carrière jusqu’au bout de la nuit pour garantir la stabilité du système éducatif.
Le diagnostic est sans appel : pour que l’école « tienne debout », la tutelle doit répondre à des attentes structurelles accumulées. La commission tripartite, réactivée sous son impulsion, a déjà permis de débloquer plus de 6 000 dossiers administratifs, incluant des titularisations, des avancements et des régularisations de situations financières. En février 2026, près de 1 800 enseignants « bénévoles » devraient ainsi intégrer le circuit de paie, un geste fort destiné à restaurer la dignité de la fonction enseignante et à prouver que la « valorisation du noble métier » n’est pas qu’une formule de tribune.Pourtant, le chemin vers l’accalmie est parsemé d’embûches. Entre les appels à la reprise et le maintien des mots d’ordre de grève par certains collectifs, la ministre d’État doit naviguer dans un climat de méfiance tenace. Sa méthode, basée sur une approche territorialisée et un diagnostic précis par bassin pédagogique, vise à éviter les réponses uniformes pour privilégier l’efficacité locale.
L’enjeu est de taille : transformer cette crise en une opportunité de refonte du dialogue social, afin de sortir des cycles de contestations récurrentes qui hypothèquent chaque année l’avenir des apprenants.Pour Camélia Ntoutoume Leclercq, l’humilité du service public se mesure à la capacité de l’État à honorer ses engagements. Si les nuits sont courtes, c’est pour que les journées d’école soient pérennes. En plaçant l’humain au centre de son action, elle tente de reconstruire le contrat de confiance entre le gouvernement et le corps enseignant. Le succès de cette stratégie ne se jouera pas seulement sur le nombre de dossiers signés sous les lampes de bureau, mais sur la capacité réelle de l’institution à offrir une école stable et performante à toute une génération de Gabonais.


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