Face aux nouveaux membres du gouvernement et au Vice-Président, le chef de l’État gabonais a troqué les amabilités protocolaires pour une mise en garde sans concession. Entre impératif de probité et menace de sanctions pénales, le message est clair : l’heure n’est plus aux privilèges, mais aux comptes.C’est une scène qui, par sa mise en scène millimétrée, rappelle les grandes heures de l’État gabonais, tout en y injectant une tension nouvelle. Dans le décor feutré du palais présidentiel, Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé la cérémonie de prestation de serment du Vice-Président et des membres du gouvernement. Mais là où l’on attendait des félicitations convenues, le chef de l’État a choisi de brandir le glaive de la loi.​
« Le serment vous protège et vous engage »:​
Droit dans son costume sombre, le regard fixe, le président de la République a martelé chaque mot avec une gravité calculée. « Le serment que vous venez de prêter vous protège et vous engage à son strict respect », a-t-il déclaré, rappelant que cet acte n’est pas qu’une simple formalité administrative, mais un contrat moral et juridique liant les ministres à la Nation.​Pour Oligui Nguema, ce serment constitue à la fois un bouclier contre les pressions extérieures et une chaîne qui entrave toute velléité de dérapage. En insistant sur le « strict respect » des engagements pris, il entend restaurer l’autorité d’une fonction gouvernementale trop souvent perçue par l’opinion comme une sinécure.
L’ombre de la prison:​
Mais c’est sur le terrain de la sanction que le chef de l’État s’est montré le plus incisif. Rompant avec une certaine culture de l’impunité, il a directement évoqué les conséquences d’un parjure : « Sa violation vous expose aux poursuites judiciaires et à la prison. »​Cette mention explicite de l’incarcération, devant un parterre de dignitaires, sonne comme un avertissement sans frais. Dans un pays où la corruption et le détournement de deniers publics ont longtemps fait la une, cette mise en garde directe vise à instaurer un climat de discipline de fer au sein de l’exécutif.Un cadre légal strict:​Conformément à l’article 72 de la Constitution, le collège des magistrats a pris acte de cette prestation de serment. Si les félicitations d’usage ont été adressées aux nouveaux promus, l’ambiance est restée studieuse, presque martiale.
Le procès-verbal, qui sera dressé conformément à la loi, fera foi de cet engagement solennel.​En renvoyant immédiatement les ministres à « l’exercice de leurs fonctions », Brice Clotaire Oligui Nguema a signifié que le temps de la célébration était révolu. Pour les membres du gouvernement, le plus dur commence : prouver que le serment prononcé sous les ors de la République ne restera pas lettre morte face aux réalités du terrain.


Commentaires