À l’occasion d’une déclaration solennelle ce 7 janvier, le chef de l’État gabonais a fustigé l’inaction des forces de l’ordre et ordonné une offensive d’envergure contre la criminalité. Un discours aux accents de fermeté qui place désormais les commandants en chef face à leurs responsabilités.C’est un véritable « coup de sang » sécuritaire qu’a manifesté Brice Clotaire Oligui Nguema en ce début d’année. Alors que le sentiment d’insécurité gagne du terrain dans les centres urbains, le président de la République a choisi de s’adresser directement au cœur de l’appareil sécuritaire du pays. Le message est sans équivoque : l’heure n’est plus aux rapports de bureau, mais à la reconquête du terrain.

« Que la peur change de camp »:
Le ton, martial, ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Pour le chef de l’État, la sécurité n’est pas une option, mais un « droit sacré » pour chaque Gabonais. « Désormais, plus aucune excuse ne saurait justifier la persistance de l’insécurité », a-t-il martelé, avant de lancer une injonction directe aux hauts gradés : mener une lutte « sans merci » afin que, selon ses mots, « la peur change de camp ».Cette sortie intervient dans un contexte où les faits divers et les crimes de sang alimentent l’inquiétude croissante de la population. En pointant du doigt les « fauteurs de troubles » et les auteurs de délits, le président de la République a tenu à rappeler que l’autorité de l’État ne reculerait devant aucune menace.
Le policier, de retour dans la rue:
L’un des points saillants de cette déclaration réside dans la critique feutrée, mais réelle, du fonctionnement actuel des forces de défense et de sécurité (FDS). Brice Clotaire Oligui Nguema a notamment fustigé la bureaucratisation de la police. « Le policier n’a pas vocation à être confiné derrière un bureau. Sa place est dans nos rues, au cÅ“ur de la vie quotidienne. »En posant des questions provocatrices à ses troupes — demandant si les criminels étaient « plus forts » ou « plus intelligents » que les forces régulières — le chef de l’État a cherché à piquer l’orgueil de ses hommes pour les pousser à l’action.
Les enjeux de la « Vème République »:
En évoquant la détermination de la « Vème République », Brice Clotaire Oligui Nguema lie étroitement la réussite de son mandat à la capacité de l’État à garantir la paix sociale. Pour le palais du Bord de mer, restaurer la confiance du citoyen, que ce soit « dans sa maison ou dans nos rues », est devenu la priorité absolue de l’agenda politique actuel.Reste désormais à voir comment cette pression présidentielle se traduira concrètement sur le terrain. Les commandants en chef de la police et de la gendarmerie sont désormais en première ligne : ils n’ont plus le droit à l’erreur.


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