Entre recadrages et volonté d’apaisement, le nouveau ministre des Sports, Paul Ulrich Kassany, a reçu ce mercredi l’ex-sélectionneur Thierry Mouyouma. Objectif : solder les comptes de l’ère post-CAN 2025 et éviter un déballage médiatique qui fragiliserait davantage les Panthères.C’est dans le cadre inhabituel du Palais des Sports de Libreville, transformé en QG de circonstance pour le nouveau patron du sport gabonais, que s’est joué ce mercredi 7 janvier ce qui ressemble au clap de fin de l’ère Thierry Mouyouma. Dans les couloirs, l’ambiance est feutrée mais la tension reste palpable. Après les remous d’une élimination prématurée à la CAN 2025, l’heure n’était plus aux tactiques de jeu, mais à la diplomatie de crise.

Le dispositif traduisait l’importance de l’enjeu : stabiliser l’institution « Panthères ». Autour de la table, Paul Ulrich Kassany, tout juste nommé, a orchestré la rencontre avec une double casquette de ministre et d’ancien international. Face à lui, Thierry Mouyouma, technicien au caractère bien trempé, dont le bail à la tête de la sélection nationale touche à sa fin.Fait notable, la Fegafoot était représentée à distance : son président, Pierre Alain Mounguengui, a suivi les débats par visioconférence depuis le Maroc. La présence physique de Bruno Ecuele Manga, figure tutélaire et ex-capitaine emblématique, a servi de trait d’union entre la vieille garde et l’administration, témoignant de la volonté des autorités de ne pas exclure les cadres du vestiaire de cette transition.
« Tourner la page sans heurt »:
L’ordre du jour était clair : clarifier les contours financiers et juridiques de la rupture de contrat, tout en offrant à Mouyouma une tribune pour livrer ses dernières explications. Si les échanges ont été ponctués de quelques « recadrages » nécessaires sur la gestion humaine du groupe durant la compétition, la ligne directrice est restée celle de la retenue.« Il faut que la page se tourne sans heurt », a martelé Paul Ulrich Kassany.Pour le ministre, l’urgence est d’éviter que ce divorce ne se transforme en feuilleton judiciaire devant les instances internationales, ce qui entacherait l’image du football gabonais. En s’adressant à Mouyouma comme à un « ancien coéquipier », Kassany a joué la carte de la fraternité sportive pour désamorcer les rancÅ“urs.
Quel avenir pour les Panthères ?
L’éviction de Thierry Mouyouma, bien que prévisible après l’échec en phase finale, laisse le banc gabonais vacant à un moment charnière. Alors que le pays cherche un nouveau souffle technique, le ministère et la fédération semblent vouloir prendre leur temps pour ne pas répéter les erreurs du passé.Ce « bilan-au revoir » au Palais des Sports marque donc le début d’une période d’incertitude : * La reconstruction du staff technique : Profil local ou expertise internationale ? * La transition générationnelle : Comment intégrer les binationaux tout en respectant l’identité locale ? * L’apaisement du climat social : Réconcilier le public gabonais avec sa sélection nationale.En affichant cette unité de façade ce mercredi, les autorités sportives espèrent avoir acheté la paix sociale nécessaire pour entamer, dès demain, le chantier de la refondation.


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