C’est une vidéo qui a enflammé la toile gabonaise avant de se heurter au mur des réalités judiciaires. Moulou Minghidi Ardry Gaël, ancien agent des Forces de police nationales (FPN) se présentant en victime d’un haut gradé, voit sa crédibilité sérieusement entamée par une mise au point musclée de sa hiérarchie. Loin du récit de l’opprimé, l’institution brosse le portrait d’un homme au passé lourd, déjà frappé par des condamnations pénales, dont douze mois d’emprisonnement ferme.
Pour la police, cette sortie médiatique n’est pas l’acte d’un lanceur d’alerte, mais la dérive d’un élément régulièrement radié des effectifs pour des manquements incompatibles avec l’uniforme.L’enquête interne et les témoignages recueillis dessinent une réalité bien plus sombre que celle exposée sur les réseaux sociaux. Selon des sources policières concordantes, l’ex-agent traînerait un passif judiciaire marqué par des faits d’usurpation de titre et, plus grave encore, une implication citée dans une procédure pour viol. Sa radiation, loin d’être un acte arbitraire, aurait été actée par un procès-verbal de notification dûment signé par l’intéressé. Ces révélations transforment radicalement la lecture du dossier : ce qui était présenté comme un harcèlement institutionnel s’apparente désormais, aux yeux de la loi, à une exécution régulière de mesures disciplinaires.La riposte ne s’arrête pas aux communiqués. Invoquant l’article 282 du Code pénal, les Forces de police nationales se réservent le droit d’engager des poursuites pour diffamation et outrage à l’institution.
L’affaire prend une dimension quasi posthume et hautement sensible puisque la famille du général mis en cause, aujourd’hui décédé, envisage de porter plainte pour défendre la mémoire de l’officier supérieur. Cette contre-attaque judiciaire vise à laver l’honneur d’un homme qui ne peut plus se défendre, tout en rappelant que la calomnie numérique n’est pas exempte de conséquences pénales devant les tribunaux.En définitive, ce feuilleton met en exergue la fragilité des procès populaires instruits sur les plateformes numériques. Si l’émotion a initialement porté le récit de l’ex-policier, la rigueur des procédures administratives et les antécédents judiciaires reprennent désormais le dessus.
Alors que la police appelle au respect du Code de la communication et à la vérification des sources, l’issue de ce conflit se jouera loin des « likes », dans le silence des cabinets d’instruction. C’est désormais à la justice qu’il appartient de trancher entre la dénonciation courageuse et la manipulation d’un homme aux abois, dans un pays où la restauration de l’image des institutions est devenue une priorité nationale.


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