Dans le microcosme feutré de la tech gabonaise, la polémique enflait autour d’un contrat jugé opaque entre la pépite locale Clikafrik et les deux piliers de la protection sociale, la CNSS et la CNAMGS. Face à la persistance de rumeurs persistantes dans l’espace public, la société a choisi la voie de l’offensive médiatique ce 10 février 2026 pour « rétablir les faits ». Au cÅ“ur de cette mise au point : la plateforme numérique commune destinée à moderniser le recouvrement des cotisations et à sécuriser les données des assurés. Un projet que l’entreprise présente comme une avancée stratégique pour la protection sociale, loin des fantasmes de surfacturation.
Le point de crispation majeur résidait dans le coût réel de cette infrastructure digitale. Clikafrik a tenu à apporter un démenti formel aux chiffres vertigineux de 3,2 milliards FCFA ayant circulé récemment, affirmant qu’ils ne correspondent à « aucun document contractuel existant ». En réalité, l’ardoise globale se chiffre à 1,22 milliard FCFA, répartie équitablement entre la CNSS et la CNAMGS, soit une facture plafonnée à 611,5 millions FCFA par institution. Plus surprenant encore dans le climat actuel, le prestataire précise qu’à ce jour, « aucune somme n’a été perçue », l’entreprise ayant mobilisé ses propres ressources pour amorcer le projet avant tout décaissement public.
Au-delà de la bataille des chiffres, c’est un schéma de rémunération à la performance que Clikafrik tente d’imposer, avec un paiement étalé sur trois ans lié à l’atteinte de paliers spécifiques. En promettant le transfert définitif de la plateforme et de ses codes sources aux caisses de l’État à l’issue du contrat, la société joue la carte de la souveraineté numérique. Reste à savoir si ces gages de transparence et ce modèle économique innovant suffiront à apaiser les tensions et à faire oublier les soupçons de gré à gré dans un secteur de la e-gouvernance désormais scruté de très près par les autorités de Libreville.


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