Dans le village de Zoolende, le sentiment d’abandon a pris la forme d’un bâtiment médical en ruines, devenu le symbole tragique d’une fracture territoriale persistante. Ce dispensaire, autrefois porteur d’espoir, est aujourd’hui une coquille vide où les soins les plus élémentaires font défaut. L’absence de personnel et d’équipements transforme chaque urgence médicale en un pari risqué sur la vie, laissant les populations locales dans une vulnérabilité extrême. Ici, le développement semble s’être arrêté aux portes des grandes agglomérations, ignorant les cris d’alarme d’un arrière-pays qui se sent délaissé par la solidarité nationale.
Le prix du silence : une série de tragédies maternelles
L’insalubrité et l’inactivité de cette structure sanitaire ont récemment conduit à des conséquences irréparables. En peu de temps, trois femmes de la localité ont vécu l’indicible : la perte de leurs nouveau-nés avant même d’avoir pu les serrer contre elles, faute de prise en charge immédiate. L’un de ces drames s’est noué sur la route de la ville, alors qu’une mère tentait désespérément de rejoindre un centre hospitalier équipé. Le déclenchement du travail en plein trajet, sans assistance, a coûté la vie à son enfant, illustrant la cruauté d’un système où la survie dépend trop souvent de la proximité géographique avec Libreville ou les chefs-lieux de province.
Un appel à l’équité pour la santé rurale:
Ce cri du cœur émanant de Zoolende n’est pas seulement une plainte isolée, mais un plaidoyer pour une véritable justice sociale. Les témoignages de ces mères brisées rappellent que le droit à la santé ne doit pas être un privilège urbain. Face à l’attente interminable pour la réhabilitation du dispensaire, l’exigence d’un meilleur accompagnement dans les villages devient une priorité absolue. Pour que le Gabon se développe de manière harmonieuse, l’investissement dans les infrastructures sanitaires de proximité doit devenir une réalité concrète, afin qu’aucune femme ne soit plus contrainte de porter le deuil d’un enfant faute de soins accessibles à sa porte.


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