Dans la province de la Nyanga, l’accès au savoir ressemble de plus en plus à un parcours du combattant pour les élèves du lycée Édouard Mossot de Moabi. Faute de ramassage scolaire, des centaines de jeunes parcourent quotidiennement des kilomètres à pied sous une chaleur accablante ou des pluies torrentielles pour rejoindre leurs salles de classe. Cette fracture logistique, au-delà de la simple fatigue physique, impacte directement les résultats académiques et accentue le taux d’absentéisme dans une localité qui ne demande qu’à voir sa jeunesse s’épanouir.
Face à cette détresse, un appel pressant est lancé au ministre d’État chargé des Transports : le don d’un bus scolaire n’est plus un luxe, mais une nécessité vitale pour garantir l’égalité des chances.Cette doléance, relayée avec ferveur par les habitants et les observateurs de la vie locale, met en lumière les limites des infrastructures actuelles dans l’arrière-pays. Alors que les autorités multiplient les gestes en faveur de la mobilité urbaine dans les grands centres comme Libreville ou Port-Gentil, le cas de Moabi rappelle que la dignité scolaire passe aussi par le désenclavement des établissements ruraux. Un véhicule de transport dédié ne servirait pas uniquement à transporter des élèves ; il sécuriserait leur trajet, stabiliserait les emplois du temps et redonnerait un souffle d’espoir à des familles souvent démunies. En répondant à cette interpellation, le ministère de la Logistique pourrait transformer un simple besoin matériel en un acte fort de justice sociale.
L’attente est désormais tournée vers le sommet de l’État, avec l’espoir que ce plaidoyer trouve un écho favorable dans les prochains conseils d’administration des sociétés de transport public ou via les dotations spéciales de la Marine marchande. À Moabi, on ne demande pas l’impossible, seulement le minimum nécessaire pour que le lycée Édouard Mossot cesse d’être une destination lointaine et devienne un lieu de savoir accessible à tous. Si le gouvernement veut faire de l’éducation le pilier de son action, le soulagement des élèves de la Nyanga constituerait une preuve tangible que chaque kilomètre parcouru par un enfant gabonais compte aux yeux de la République.


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