Le cri de détresse des usagers de l’axe Libreville-Kougouleu-Medouneu a trouvé un écho inattendu, mais controversé, auprès de l’édilité locale. Par une note officielle datée du 3 février 2026, le maire de Medouneu a rendu publics de nouveaux tarifs de transport homologués : 15 000 F CFA pour une place en cabine et 10 000 F CFA pour la caisse, applicables dès le 1er février. Si cette initiative est présentée comme une réponse à la dégradation de la voirie et aux préoccupations des transporteurs, elle suscite une levée de boucliers chez les observateurs qui y voient une taxation indirecte sur le dos des clients, déjà étranglés par un coût de la vie galopant.
L’annonce soulève un épineux débat juridique et fiscal sur les compétences de la municipalité. Alors qu’il existe déjà une Redevance sur l’Usure de la Route (RUR) perçue par l’État central, l’intrusion de la mairie dans la fixation des prix du transport interurbain crée un précédent inquiétant. Cette décision, bien qu’issue de rencontres avec les autorités administratives et militaires de Ntoum, semble court-circuiter les régulateurs nationaux. Pour beaucoup, cette « homologation » locale ressemble davantage à une officialisation de la spéculation ambiante qu’à une véritable mesure de protection du pouvoir d’achat. Silence du Ministere des Transports. Au-delà de la question du prix, c’est un sentiment d’anarchie institutionnelle qui gagne les voyageurs.
En s’arrogeant le droit de fixer des tarifs en dehors d’un cadre législatif national clair, la mairie de Medouneu ouvre la porte à une fragmentation des règles de transport sur le territoire gabonais. Si chaque commune se met à légiférer sur les tarifs routiers au gré de l’état de ses routes, c’est tout l’équilibre économique du secteur qui risque de s’effondrer, laissant les citoyens naviguer à vue dans un imbroglio réglementaire où la loi du plus fort semble, pour l’heure, l’unique boussole.


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