Depuis deux semaines, les cours sont à l’arrêt au sein de la prestigieuse École Nationale d’Administration de Libreville. En cause : un bras de fer bureaucratique qui bloque le versement des bourses et plonge les futurs cadres de l’État dans l’incertitude.
Par la rédaction de Focus Afrique Média
Rentrée rime avec précarité à l’École Nationale d’Administration (ENA) du Gabon. Depuis plus de quinze jours, le silence a remplacé le brouhaha des amphithéâtres. Les élèves administrateurs, censés constituer l’élite de la fonction publique de demain, ont décidé de croiser les bras. Le motif de la discorde ? Le non-paiement de l’allocation d’études, incluant deux trimestres de bourse et le traditionnel trousseau scolaire, pourtant garantis par les textes réglementaires.
Un imbroglio financier à 400 millions de FCFA:
La situation est d’autant plus frustrante pour les étudiants que l’argent semble être à portée de main. Selon les informations recueillies, la Direction générale de l’ENA a rempli ses obligations procédurales. En dépit des tensions de trésorerie que traverse l’État, un compromis avait été trouvé pour décaisser une enveloppe d’environ 400 millions de FCFA, couvrant un trimestre de bourse et le trousseau.Si les fonds sont officiellement positionnés sur le compte de l’établissement, un verrou persiste. L’Agent comptable de l’école se dit dans l’impossibilité d’actionner le paiement sans le précieux sésame du Contrôleur budgétaire des Grandes Écoles.
Un blocage nommé Hugues Ryvel Etoughe Nzedu?
Au cÅ“ur de la crise, un nom circule avec insistance dans les couloirs de l’école : celui de M. Hugues Ryvel Etoughe Nzedu. Le Contrôleur budgétaire refuserait d’apposer son visa, arguant de l’absence d’un acte juridique spécifique autorisant le paiement du trousseau scolaire.Un argumentaire qui passe mal auprès des futurs administrateurs :Un précédent ignoré : Les promotions antérieures ont perçu ces mêmes allocations sans encombre.
Aucune notification formelle de rejet n’aurait été transmise à la direction de l’école, laissant planer le soupçon d’un blocage arbitraire. « Nous nous sentons pris au piège d’un conflit bureaucratique qui paralyse notre formation », déplore un représentant des élèves.
Vers une grève générale le 19 janvier?
Face à ce qu’ils qualifient de « mépris administratif », les élèves administrateurs durcissent le ton. L’ultimatum est désormais posé : si le verrou n’est pas levé dans les plus brefs délais, une grève générale sera officiellement lancée dès le lundi 19 janvier 2026.Pour le pouvoir de Libreville, qui mise sur la formation d’une nouvelle technocratie pour mener ses réformes, cette crise à l’ENA fait mauvais genre. Elle illustre les lourdeurs d’une administration parfois capable de se paralyser elle-même, au détriment de sa relève.


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