Le premier magistrat de la capitale gabonaise a réuni l’ensemble des maires d’arrondissement pour une mise au point stratégique. Objectif : siffler la fin de la dispersion et instaurer une « discipline institutionnelle » au sein d’une administration municipale en quête de renouveau.À Libreville, l’heure est à la reprise en main. Le 7 janvier 2026, Pierre Matthieu Obame Etoughe a convoqué un tour de table élargi à ses adjoints et aux maires des six arrondissements de la commune. Une rencontre aux allures de séminaire de cohésion, mais dont le message de fond ne laisse place à aucune ambiguïté : la capitale doit désormais parler d’une seule voix.

Le défi de la cohésion territoriale:
Longtemps critiquée pour ses lourdeurs et son manque de coordination entre l’Hôtel de Ville et les mairies d’arrondissement, l’administration municipale librevilloise entame une mue profonde. Le maire central entend instaurer un cadre organisationnel harmonisé, brisant les silos qui freinent souvent l’action publique locale.Pour ce faire, Obame Etoughe mise sur un triptyque clair : concertation, coordination et discipline. En annonçant la mise en place d’un calendrier régulier de rencontres avec les auxiliaires de commandement, il cherche à raffermir le lien entre les élus et les représentants de l’État sur le terrain. L’idée est d’anticiper les crises urbaines plutôt que de les subir.
L’ambition d’une « mandature exceptionnelle »:
Le maire ne s’en cache pas : il veut marquer l’histoire de la capitale. « Je vous invite à faire en sorte que notre mandature soit exceptionnelle », a-t-il lancé à ses collaborateurs. Mais pour atteindre cet objectif, le magistrat sait qu’il doit d’abord soigner son propre appareil. Cela passe par : -Le volet social : Une promesse d’amélioration des conditions de travail et de vie des agents municipaux, souvent au cÅ“ur des tensions sociales. – La participation citoyenne : L’ouverture d’un dialogue structuré avec les entreprises et la société civile pour financer ou accompagner les projets urbains. – L’image institutionnelle : Une volonté d’imposer un « nouveau visage » à la gestion municipale, plus moderne et plus rigoureuse.
Incarner la « Ve République »:
En martelant son appartenance aux « élus de la Ve République », Pierre Matthieu Obame Etoughe inscrit son action dans une temporalité politique nouvelle. Au-delà de la simple gestion des déchets ou de l’éclairage public, il s’agit de démontrer que la décentralisation et l’autonomie de fonctionnement peuvent rimer avec efficacité administrative.Si l’initiative a été saluée par les élus locaux, l’enjeu réside désormais dans la traduction concrète de cette « synergie » sur le quotidien des Librevillois. Dans une ville où les attentes en matière d’infrastructures et de services de proximité sont immenses, la méthode Obame Etoughe sera jugée à l’aune de sa capacité à transformer ces réunions stratégiques en résultats visibles sur le pavé.


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