En séjour dans l’Ogooué-Lolo, le président de la République a multiplié les inspections de chantiers. Entre réhabilitation d’éléphants blancs et infrastructures de pointe, l’homme fort de Libreville entend prouver que le « Gabon d’abord » se construit loin des palais de la capitale.Neuf mois après sa prise de pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema continue de labourer le terrain. Cette semaine, c’est dans la province de l’Ogooué-Lolo (sud-est) que le Chef de l’État a posé ses valises, avec une obsession affichée : transformer les promesses de la cinquième république en chantiers de béton et de fer.
À Koulamoutou, le chef-lieu provincial, l’heure n’était pas seulement aux bains de foule, mais à l’examen minutieux de projets structurants jugés vitaux pour le désenclavement et l’équilibre territorial du pays.Le clou de cette visite a sans doute été la cité MIBAKA, située dans le deuxième arrondissement. Ce complexe immobilier, porté par la Société Nationale Immobilière (SNI), était devenu au fil des ans le symbole de l’inertie de l’ancien régime. Laissée à l’abandon, la cité renaît aujourd’hui sous l’impulsion des nouvelles autorités.Un premier lot de dix-sept logements, destinés aux agents de l’État, est en passe d’être livré.
Pour Libreville, le message est clair : il s’agit de restaurer la dignité des fonctionnaires en province pour mieux assurer la continuité du service public.Mais le développement ne se limite pas au logement. Le Président de la Transition a également inspecté le futur Lycée d’excellence de Koulamoutou. En phase d’achèvement, cet établissement se veut le fleuron de l’éducation dans la région.Domaines clés : Ingénierie, technologies et sciences.Infrastructures : Laboratoires de pointe, bibliothèques connectées et complexes sportifs.En misant sur les filières techniques, le général-président répond à une critique récurrente faite au système éducatif gabonais : son inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi.La sécurité civile n’a pas été en reste avec l’étape de la caserne des sapeurs-pompiers. Avec un taux d’exécution affiché de 70 %, ce projet doit permettre à la province de gagner en autonomie face aux risques industriels et domestiques, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des centres de secours de Lastourville ou de Franceville.
Au terme de cette journée marathon, Brice Clotaire Oligui Nguema a affiché sa satisfaction. Pour celui qui a fait du « pragmatisme » son leitmotiv, ces chantiers sont autant de preuves de sa volonté de réduire les disparités entre Libreville et l’arrière-pays.Si les défis restent immenses, notamment en matière d’infrastructures routières dans cette région accidentée, cette étape de Koulamoutou confirme la stratégie de la cinquième république : occuper le terrain social pour consolider l’adhésion populaire avant les prochaines échéances électorales. Dans l’Ogooué-Lolo, le changement ne se décrète plus, il s’inspecte.


Commentaires